Xerxès et l’échec à Salamine

Xerxès est le quatrième roi de l’empire achéménide. Il gouverna cet empire mondial de 486 à 465 avant J.C. Xerxès hérita d’un immense empire de son père Darius  I (le Grand) et de son grand-père Cyrus le Grand.

Pour lui, cet empire était le fruit de conquêtes totalement réussies, si ce n’est l’attaque échoué par Darius le Grand contre la Grèce. Cet échec provoqua un tournant dans le règne de Xerxès aussi bien que dans l’histoire du monde antique. En effet, Xerxès attaqua la Grèce en 480. Cette invasion avait d’abord commencé par la victoire des Achéménides aux Thermopyles et à Artémision. Mais elle s’acheva finalement par l’échec de Xerxès à Salamine et son retrait de Grèce.

Cette période belliqueuse fut jalonnée de guerres très importantes. Ces guerres ont eu une influence sur les relations entre l’Orient et l’Occident au cours des siècles. Depuis, certains faits ont été présentés de façon partiale, exagérée et mensongère et ce, jusqu’à nos jours. Dans cet article, nous essaierons de présenter un récit documentaire objectif, proche de la réalité de ces guerres.

Mots clés : Xerxès, Perse, salamine, Gurres médiques Achéménides, Grèce, histoire, Hérodote.

Bas-relief présentant la tête probable de Xerxès I

Le règne de Xerxès

En 486, Xerxès le fils de Darius I prend les rênes de l’empire achéménide, alors qu’il n’avait que 30 ans. Dans les diverses représentations et sculptures, il apparaît comme un grand et bel homme, bien charpenté avec un visage sérieux. Will Durant, historien, philosophe et écrivain américain, écrit : « Xerxès avait une apparence tout à fait royale. Il était grand et beau. Les membres de la famille royale le considéraient comme le plus bel homme du royaume ».

Empire perse

Une éducation royale différente pour Xerxès

Mais l’élégance et beauté accompagnée d’une virilité manifeste cachaient un autre aspect de la vie et du caractère de Xerxès. Selon Zarrinkoube, célèbre historien iranien, Xerxès s’éleva dans le harem royal. Donc, il était au sein du courant des complots des femmes et des eunuques de la cour royale. D’où, il n’avait ni l’autorité, ni la volonté, ni le tact et le caractère viril de son père.

Les problèmes surgissent sous le règne de Xerxès

Or, Xerxès, tout en gérant un vaste, puissant et riche empire, dût se consacrer à deux autres tâches. Premièrement, il a fait face à la répression de la révolte d’Egypte et la pacification de l’empire perse. Deuxième tâche, c’était la revanche de l’armée iranienne sur la Grèce et la vengeance de la bataille de Marathon.

De plus, Xerxès avait également été confronté à la rébellion des Babyloniens. Ceux-ci revendiquèrent leur indépendance dès les premiers jours de son règne. Il est vrai qu’il était évident pour tous que le jeune souverain était inexpérimenté par rapport à son père. Car Darius I dirigeait par un savoir-faire excellent politiquement l’empire Achéménide. Mais avait-il transmis  Darius I sa connaissance politique et stratégique à son fils ?  Toutefois, l’organisation et la cohérence de son empire, le pouvoir et la discipline de son armée étaient des atouts pour le jeune Xerxès confronté, dès le début de son règne, à de sérieux obstacles liés aux révoltes intérieures.

Xerxès et la répression des soulèvements d’Egypte et de Babylone

Une année après la mort de son père, Xerxès se rendit en Egypte avec son armée. Il rétablit à nouveau la paix au début de 484 après avoir maté la rébellion. Babylone se révolta également deux fois en 484 et en 481 contre le royaume de Xerxès.

Xerxès mit fin, en peu de temps, aux troubles internes de l’empire en Egypte et à Babylone. Mais lors de la répression des révoltes, ses caractères cachés s’apparaissent à tout le monde. Ils ont compris  comprit combien le caractère, la pensée et la politique de Xerxès étaient différents de son père. Xerxès eut recours à la violence. Contrairement à son père, il mit complètement fin à l’indépendance de l’Egypte et de Babylone. Ensuite, il abolit leurs traditions locales alors que son père les avait officialisées, il pilla et anéantit les villes. Finalement, il ordonna même de transporter la statue de Mardouk, grand dieu de Babylone à Suse. Il avait l’intention de la transformer en lingots d’or afin d’accroître la trésorerie royale.

Ce genre de violences et d’actes irrespectueux du jeune Xerxès affaiblirent et entamèrent la confiance. Il a perdu la bienveillance à son encontre au sein de l’empire. Cela fut manifeste spécialement lorsqu’il décida de conquérir la Grèce, alors qu’il aurait dû être tout à fait sûr de sa situation et de ses soutiens.

Xerxès, désireux de conquérir la Grèce

Il semble que Xerxès n’ait pas eu l’idée d’attaquer la Grèce au départ. Mais certains fugitifs grecs tels que Démarate, précédent commandant de Sparte et de la famille de Pisistrate, l’ont provoqué. Donc, il décida à la combattre. Pour prendre cette décision, Xerxès créa une assemblée de conseillers. Au sein de cette assemblée, il y avait certains gouverneurs et conseillers proches de lui. Entre eux, il faut citer en particulier Mardonios, gendre de Darius le Grand, l’encouragèrent à envahir la Grèce.

Certains anciens de la famille royale tel qu’Artaban, oncle de Xerxès, étaient contre cette attaque.  Car ils considéraient que cela ne pouvait que nuire à l’empire achéménide. Mais influencé par les autres conseillers bellicistes, Xerxès donna l’ordre de se lancer dans la guerre. Il  imaginait la victoire face à la Grèce simple et certaine,

les guerres médiques dans la première moitié du V siècle avant J-C

L’une des guerres médiques opposa à partir de 480 avant J.-C. les Grecs au roi achéménide Xerxès, animé d’un désir de vengeance. Ces dernières furent rapportées par l’historien hellénique Hérodote, non sans avoir réinterprété l’Histoire de la Grèce et de l’Iran.

Xerxès, prêt à faire la guerre contre la Grèce

L’été et l’automne de l’année 481, Xerxès rassembla ses troupes. En hiver de l’année 480, il se dirigea avec son armée vers Sarde, ville située en Asie Mineure.

Hérodote, historien et géographe grec, évalua les troupes achéménides à plus de cinq millions de personnes, chiffre fantaisiste pour les historiens. Les historiens d’aujourd’hui pensent qu’Hérodote a voulu magnifier la victoire des Grecs en exagérant considérablement le nombre des soldats achéménides.

L’invasion de la Grèce par Xerxès

Le plan de Xerxès était de faire passer son armée par l’Hellespont, aujourd’hui détroit des Dardanelles. Puis il voulait l’amener en Grèce par la Macédoine et la Thessalie. Pour traverser l’Hellespont, il décida de faire construire un pont flottant en utilisant des navires égyptiens et phéniciens. Il voulait également creuser un canal le long de la péninsule. Ce canal permettait le passage de deux navires de front dans sa largeur. Il voulait éviter l’endommagement éventuel de ses navires en le traversant. Ainsi, il n’y avait aucune nécessité de contourner le cap d’Athos. Xerxès et son armée entrèrent ainsi en Grèce au printemps de l’année 480.

L’itinéraire de l’armée de l’empire perse

Les Grecs surpris par la progression de Xerxès

Lorsqu’Athènes fut informé de l’arrivée de l’armée de Xerxès, les habitants de la ville qui savaient que le roi perse la détruirait essayèrent de s’unir avec d’autres cités-Etats grecques. Hormis Athènes et Sparte, de nombreuses autres grandes cités grecques étaient en fait en relation avec l’armée perse. Sûrs de la victoire des Iraniens, ils voulaient dès le début parier sur le vainqueur et préparer l’avenir.

Sparte et Athène et leurs alliés

Les citoyens d’Athènes et de Sparte n’étaient pas du même avis. Célèbres pour leur courage et leur caractère guerrier, les Spartiates désiraient directement lutter contre les forces de Xerxès.Ils considéraient le détroit montagnard des Thermopyles comme le meilleur endroit pour engager le combat. En effet, il était facile d’entièrement le bloquer avec peu de soldats dans le but d’arrêter l’avance de l‘armée perse. Mais Thémistocle, stratège athénien, avait une autre idée. Il était d’avis que la concentration sur les forces maritimes était le meilleur moyen pour vaincre les forces perses. Selon lui, les Grecs, avec leurs navires plus petits et beaucoup plus rapides, pouvaient vaincre les Iraniens dans les détroits maritimes des côtes de la Grèce. Pendant ce temps, toute l’armée de Xerxès atteignit l’Europe au bout de sept jours.

Xerxès, vainqueur de la guerre des Thermopyles

Après de nombreuses discussions, les Grecs décidèrent finalement de lutter sur terre aux Thermopyles et sur mer à Artémision. Léonidas de Sparte se chargea de diriger la guerre terrestre et Thémistocle, les forces maritimes.

La bataille des Thermopyles

Au mois d’août de l’année 480, Léonidas et ses soldats s’installèrent dans le détroit des Thermopyles. Ce passage le long du golfe Maliaque était si étroit que seul un char pouvait le traverser. Les deux armées restèrent face à face pendant quatre jours. Xerxès commença l’attaque le cinquième jour. Mais la situation naturelle du détroit empêchait de lancer une grande offensive. On dénombra des victimes des deux côtés, ce premier affrontement ne fut pas décisif.

L’attaque terrestre fomentée par Xerxès apporta une première victoire à l’armée des Achéménides et leur permit de conquérir Athènes, malgré une défense des Spartiates plus qu’héroïque. La Grèce se retrouvait dès lors dans une posture fortement inconfortable.

La trahison d’un grec

C’est la trahison d’un Grec appelé Ephialtès qui mit fin à la guerre. Menée par Ephialtès, l’armée de Xerxès parvint à contourner le détroit et à prendre à revers les Spartiates. Le lendemain matin, l’attaque de l’armée perse a surpris les défenseurs des Thermopyles. Ils se sont battus intensément, corps à corps. Mais le résultat de ces combats fut la victoire sans conteste des Perses. L’héroïsme des Spartiates et de leurs alliés pour défendre leur pays n’a rien changé. Il était évident qu’ils ne pouvaient résister face à l’importante armée achéménide.

La bataille ultime des Thermopyles dura moins d’un jour. Léonidas s’est tué et Xerxès se dirigea alors vers Athènes à la tête de son armée.

Artémision, victoire sur mer et conquête d’Athènes par Xerxès

Les flottes maritimes perses et d’Athènes commencèrent également les hostilités sur mer. Ils l’ont exécuté presque en même temps que la confrontation des deux armées aux Thermopyles. Le 12 août 480, la flotte perse arriva au cap Artémision.Le lendemain matin, une tempête détruisit plusieurs navires de guerre iraniens.

Pensant que la force maritime perse s’est anéantie, la flotte grecque profita de la situation. Elle commença l’attaque le 18 août. Mais contrairement à leur attente, s’acheva à un autre résultat. La nombreuse et puissante armada perse anéantit presque la moitié des trirèmes de la Grèce lors d’une attaque tous azimuts.

D’autre part, informé de la défaite des Thermopyles, paniqué, Thémistocle, ordonna de reculer en direction de l’île de Salamine. A son arrivée, il envoya des soldats à Athènes pour avertir habitants de la ville. Il leur conseilla  de quitter rapidement avec leurs affaires et de s’enfuir avec leur famille vers de l’île de Salamine.

Xerxès à Athènes

Xerxès soumit les villes sur le chemin d’Athènes telles que Platées et Tassipé. La majorité du peuple s’enfuit à Salamine et à Égine, autre île voisine. Les habitants qui étaient restés sur place essayèrent de défendre la colline d’Acropolis.

Xerxès soumit les villes sur le chemin d’Athènes telles que Platées et Tassipé. La majorité du peuple s’enfuit à Salamine et à Égine, autre île voisine. Les habitants qui étaient restés sur place essayèrent de défendre la colline d’Acropolis.

Tirant parti de l’expérience acquise aux Thermopyles, l’armée perse ouvrit un chemin par la pente nord de la colline.  Il conquit ainsi l’Acropole. Xerxès ordonna d’y mettre le feu. L’Acropole et même de vastes quartiers d’Athènes furent mis à sac.

En septembre, à l’approche de l’hiver, l’approvisionnement de l’armée, éloignée de ses bases arrière devenait de plus en plus difficile. Il semblait alors que la victoire en Grèce et la vengeance de Marathon se réalisèrent. Donc, il faut retourner en empire perse.

Xerxès, dans le piège de la guerre de Salamine

Après la conquête d’Athènes, Xerxès décida de retourner en perse. Mais certains de ses conseillers l’incitaient à anéantir toute la flotte d’Athènes. Ils avaient des  arguments. Selon eux,  cela lui permettrait de compléter son tableau de chasse. Il pouvait aussi d’inscrire ses victoires dans l’Histoire et de le consacrer comme un grand chef militaire.

Xerxès étant certainement un commandant expérimenté, il n’avait jamais dirigé une guerre navale. Xerxès n’avait pas assisté aux confrontations navales entre la flotte perse et celle de la Grèce. Il avait seulement entendu les rapports faits par ses commandants. Ces rapports ne lui avaient pas présenté de statistiques précises sur les pertes de l’Iran concernant ces batailles navales. Se basant sur ces rapports, Xerxès organisa à tort son programme de combat naval à Salamine.

Une fois Athènes tombée entre ses mains, Xerxès décida de retourner en Iran. En dépit de cette sage décision, le souverain achéménide céda à la tentation de poursuivre le combat afin d’anéantir totalement la flotte hellénique lors de la bataille de Salamine.

La stratégie de Thémistocle : la victoire finale des grecques

D’autre part, Thémistocle a  convaincu  difficilement les commandants grecs unis de se lancer dans un affrontement sur mer contre les perses.  Il entraîna, grâce à une astuce intelligente, Xerxès dans le piège d’une guerre navale à Salamine. Ce lieu était l’endroit qu’il avait choisi. Il envoya un espion chez Xerxès pour le persuader que la flotte grecque refusait de combattre à Salamine. Xerxès persuada qu’elle prendrait la fuite au milieu de la nuit.

Bataille de salamine

Croyant les paroles de l’espion, Xerxès tomba dans le piège. Malgré les mises en garde de certains de ses commandants, il ordonna d’attaquer la flotte de la Grèce. Les grands et lourds navires composaient la flotte perse. Ainsi, la flotte perse se trouva confrontée à trirèmes légères et rapides des  grecques dans l’étranglement du détroit de Salamine.

Coincée dans l’entrée du détroit, la flotte perse subit une violente attaque de la flotte grecque.  Avec la mort d’Ariabignès, amiral perse, la discipline de la flotte perse fut brisée.  La majeure partie des navires anéantie.

Le retour de Xerxès en Iran

Après la défaite de Salamine, Xerxès se trouva dans une situation dangereuse. Car il n’était plus capable de faire face aux besoins de son armée sans sa flotte. C’est pourquoi, il ordonna de rapidement reculer en direction de l’Hellespont. Il craignait que les Grecs anéantissent son pont de bateau, ce qui le piègerait avec ses forces en Europe. Mais en réalité, cela ne se passa pas ainsi.

Encore terrifiés par la puissance de l’armée de Xerxès, les Grecs désiraient le départ rapide des forces perses. Ce fut à cause de cette inquiétude que Xerxès et une grande partie de son armée quittèrent précipitamment la Grèce. Au début du mois d’octobre ils se replièrent en Iran.

Platées et Mycale, combats isolés après le retour de Xerxès en Iran

Après le départ de Xerxès, Mardonios dirigea les troupes perses restant sur place. Le principal devoir de cette armée était en fait d’assurer le départ en toute sécurité de Xerxès de Grèce. Deux autres combats mineurs eurent lieu à Platées et Mycale l’été 479 entre l’armée réduite d’Iran et les Grecs. Ces derniers reprirent espoir de vaincre leur ennemi. Enfin, la mort de Mardonios mit fin aux attaques de la perse contre la Grèce.

Pourquoi Xerxès perdit-il la guerre contre la Grèce ?

Il nous semble, tout d’abord qu’Hérodote a exagéré le nombre de combattants de l’armée perse. Cependant, il n’y a aucun doute pour affirmer qu’elle était composée d’un nombre très important de soldats. Mais il était très difficile de faire face aux besoins d’une telle armée très éloignée de ses frontières. Sans oublier que seule la flotte importante de perse sur mer pouvait y subvenir.

De nombreuses erreurs stratégiques furent commises par l’état-major achéménide, mal commandé par Xerxès. Le souverain d’Iran n’avait en effet qu’une expérience très limitée des campagnes militaires, ce qui permit à la Grèce d’assurer une défense déjà très fragilisée par l’attaque perse.

La terrible erreur de Xerxès consistant à s’être lancé dans une guerre navale dans un détroit. Ce qui causa l’inefficacité et finalement l’anéantissement de la flotte perse. Cette défaite anéantit ses précédentes victoires. Car à partir de ce moment, il ne pouvait plus subvenir aux besoins de son armé. Par conséquent, il fut obligé de battre en retraite de Grèce. Alors que son immense armée n’avait pas été sérieusement amoindrie.

L’attaque de la Grèce par Xerxès dans les récits légendaires

A partir de cette époque et jusqu’à aujourd’hui, les récits de l’invasion de la Grèce par Xerxès furent gravement falsifiés. Parfois même elle est mythifiée dans les textes et les médias occidentaux.

Légendes d’hier, récit d’Hérodote sur l’invasion de Xerxès

Né à Halicarnasse, Hérodote était un historien grec du 5e siècle avant J.C. Il est l’auteur du livre « Histoires », centré autour des guerres médiques. Plusieurs chercheurs ont remis en cause l’authenticité de ses écrits dès son époque et ce jusqu’à nos jours. En fait de nombreux historiens l’ont appelé « Père du mensonge » au lieu de « Père de l’histoire ».

Il y a un  problème de fond qui fait que les récits d’Hérodote ne constituent pas des sources fiables des guerres médiques. Il est dû à son origine grecque. Malgré sa prétention à être impartial, Hérodote a écrit l’histoire pour soutenir les Grecs. Il est plutôt l’écrivain épique de la Grèce et non un historien en tant que tel.

C’est un problème qui a existé de tout temps dans l’historiographie. Donc, il faut faire attention à ne pas tomber dans ce piège. Considérons par exemple deux livres d’histoire au sujet des guerres de l’indépendance de l’Amérique. L’un a été écrit en Amérique et l’autre en Angleterre il y a 100 ans. En quoi ces deux récits vont-ils être différents ? Dans le livre américain ces faits historiques se considèrent comme des actes de courage des fondateurs de l’Amérique. Mais dans le texte anglais, ces faits se présentent comme la trahison de révoltés. Pour les anglais, c’est un soulèvement  contre le gouvernement légal des Anglais.

Cette différence de points de vue est capitale. Or, en ce qui concerne le texte d’Hérodote, c’est le seul qui soit resté relatant cette invasion perse. Il faut donc être extrêmement prudent au sujet de ce récit concernant ces guerres médiques. Il faut avoir toujours à l’esprit qu’il a été écrit par un Grec partisan et non par un narrateur impartial.

Légendes d’aujourd’hui, récit d’Hollywood au sujet des guerres de Xerxès

En 2007, Hollywood consacre un film qui décrit la bataille des Thermopyles appelé « 300 ». Le metteur en scène s’appelle Zack Snyder. C’est un énorme succès et le film reçoit de nombreux prix. En 2014, Noam Murro, réalisateur israélien, présente dans un péplum américain la guerre de Salamine, dans un film. Ce dernier s’appelle : « 300 : naissance d’un empire » qui fait suite au précédent.

On ne s’attend certes pas à ce qu’Hollywood soit fidèle aux recherches historiques. Hollywood est un centre mondialement connu de production d’œuvres commerciales, pouvant se vendre au plus grand nombre. Donc, la vérité et la justesse d’un sujet ne sont pas recherchées. Par conséquent, il ne faut pas s’étonner. Car des films dits historiques d’Hollywood , s’inspirant de faits réels, présentent de façon erronée, tendancieuse et mensongère la réalité. Ce qui est le cas dans les deux films cités plus haut.

300 , un film Hollywoodien

La partialité d’Hérodote a longtemps entrainé des confusions et des approximations concernant cet épisode de l’Histoire de la Grèce et de l’Iran. Bien plus grave, les déformations calomnieuses et irrespectueuses du cinéma hollywoodien portent atteinte à la réalité historique des guerres médiques.

Le cinéma hollywoodien

Un tel cinéma  a des prétentions concernant l’égalité et le respect de tous les peuples, de toutes les races etc. Mais il présente, de fait, une version raciste et donc orientée, au lieu d’une œuvre historique. C’est pourquoi il nous parait surprenant.  On y voit des images dans lesquelles un seul Grec peut battre cent Iraniens ! La Grèce antique se considérait comme la seule nation civilisée du monde. Mais les autres peuples du monde antique étaient considérés comme des Barbares et des arriérés ! On aurait pu espérer que les réalisateurs de ces films se soient donné, au moins, la peine de lire les livres historiques. Malgré l’aspect impartial des récits d’Hérodote ou de Xénophon, on  ne peut pas oublier d’autres chapitres de ces livres. Ils auraient dû de faire informer au sujet des perse pour au moins respecter les principes de justice et d’équité. Ce qui n’est pas respecter dans la présentation des personnages et de leur caractère dans le film, intitulé 300.

En se basant sur de nouvelles recherches et après avoir vérifié leurs sources, nous avons rédigé cet article. Nous avons voulu  présenter une image équitable de l’invasion de la Grèce par Xerxès. Nous avons voulu également montrer le caractère et la personnalité de ce souverain achéménide d’une manière impartiale. Xerxès, comme tous les autres célèbres dirigeants au cours de l’histoire, présente de bons et de mauvais aspects. C’est le devoir de tout chercheur critique et honnête. Il cherche à guider chacun dans les méandres de l’Histoire et lui faire découvrir de vastes domaines. Mais il le fait sans tenir compte ni de ses idées personnelles, ni des versions populaires ou nationales ayant cours.

Rédacteur

Ali SHAHZADI

Titulaire de master en histoire d'Iran

Poupak Shirvani Mahdavi
Traductrice

Poupak Shirvani Mahdavi

Titulaire d'un master de français

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Olivier

Vous avez bien raison, l’histoire est une enquête que l’on doit mener avec humilité et objectivité, mais n’attendons ni de l’épopée ni du cinéma de divertissement (les deux genres participant en leur temps du soft power des empires en place) qu’ils aient les mêmes visées et les mêmes exigences. Espérons que les spectateurs auront la curiosité de faire leurs propres recherches pour saisir la complexité des rapports entre les civilisations passées, au-delà des « romans nationaux « 

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