Le hammam de Ganj Ali Khan

les Dalak ( les masseurs) au hammam Ganj Ali Khan


Le hammam de Ganj Ali Khan
à Kerman est l’un des chefs d’œuvre de l’architecture de son période. Il datede l’époque safavide. Le règne des Safavides est une période faste pour l’architecture avec la construction de nombreux bâtiments publics. En effet, la paix et la sécurité régnaient dans le pays et la situation économique de l’Etat était favorable. Donc, divers bâtiments et en particulier des hammams ayant de grandes qualités artistiques furent construits dans différentes villes de l’Iran. On peut citer, entre autres, le hammam de Ganj Ali Khan.

Sans conteste, il a atteint  l’apogée de l’art architectural de l’époque safavide en ce qui concerne la construction des bains.
C’est un hammam dans lequel les artistes ont utilisé tous les principes architecturaux et artistiques. Ils y ont appliqué les muqarnas, les arcs diagonaux, l’isométrie, les faïences, le stuc, la peinture et les décorations en pierre. Le hammam de Ganj Ali Khan se trouve dans l’angle sud de la place Ganj Ali Khan de Kerman, sur l’axe principal du marché. Sultân Mohammad Yazdi, l’un des plus importants et des plus habiles architectes de l’époque safavide l’a construit le hammam de Ganj Ali Khan

13)La pièce chaude du hammam de Ganj Ali Khan
13)La pièce chaude du hammam de Ganj Ali Khan

Qui était Ganj Ali Khan ?

Ganj Ali Khan était l’un des commandants de la tribu kurde de Zik[1]. Ses ancêtres étaient des militaires qui servaient dans l’armée des Safavides. Selon la tradition familiale, il s’engagea dès son adolescence.

Ganj Ali Khan
Ganj Ali Khan

Sous le règne des Safavides, la ville d’Harat, située sur la frontière est de l’empire, avait une importance spéciale. D’où, les rois Safavides confiaient le gouvernement au prince héritier. Ainsi, durant les dernières années du règne de Shah Tahmasp, la ville d’Harat devint le lieu de séjour de son enfant Mohammad Mirza.

Le régne de Chah Abbas Le Grand

Après la mort de Shah Tahmasp en 1576 après J.C., Shah Ismaël II, son fils aîné, prit le pouvoir. Chah Ismaël II était soupçonneux et méfiant vis à vis des membres de sa famille.  C’est pourquoi il ordonna d’assassiner tous les autres princes, entre autres Mohammad Mirza et ses enfants. Mais Mohammad Mirza quitta  la ville avant cet ordre, contrairement à son plus jeune fils Abbas Mirza qui resta à Harat.

Commandant de la tribu de Zik, Ganj Ali Khan était aussi le professeur du futur roi Abbas Mirza. Celui-ci le nommera gouverneur à Kerman en 1597. Un fort lien d’amitié noué entre les deux hommes guidera leur relation parmi les plus significatives.

Il y avait déjà quelque temps que Ganj Ali était le professeur de ce petit prince. Lorsque le commandant militaire d’Harat reçut l’ordre d’assassiner le prince, grâce à l’intervention de Ganj Ali, il n’exécuta pas l’ordre. Il protégea l’enfant. Le destin fit que, quelques mois plus tard, Chah Ismaël II soit empoisonné et assassiné lors d’un complot. Donc, Abbas Mirza devint, quelques années plus tard, l’un des plus grands rois de l’histoire de l’Iran.

Ganj Ali Khan, « Papa » de Chah Abbas le Grand 

Depuis et jusqu’à sa mort, Ganj Ali resta l’une des personnes les plus proches du prince et futur roi. Il reçut le titre de Khan. Abbas Mirza qui l’aimait beaucoup. Car Ganj Ali l’avait éduqué tout au long de son enfance. Donc, Abbas Mirza l’appelait « Papa ». En 1587, Abbas Mirza, âgé de 17 ans, devint roi à Qazvin, la capitale d’époque des Safavides. Il emmena avec lui son « Papa » Ganj Ali Khan.

 Tout au long des premières années du règne de Chah Abbas le Grand, Khan « Papa » accompagnait le jeune roi. Cette période se passa  à supprimer les révoltes et les actes de désobéissance à l’intérieur du pays. Chah Abbas le Grand  renforça le pouvoir. Il repoussa les agresseurs étrangers, entre autres les Ouzbeks et les Ottomans sur les frontières occidentales.

En 1597, Chah Abbas le Grand  a transféré la capitale de l’empire safavide à Ispahan. Car Il entamait une longue période de vastes réformes afin que la prospérité revienne. De vastes chantiers de travaux furent entrepris pour augmenter le confort général en Iran. Pour atteindre ses objectifs, il choisit Khan « Papa » comme gouverneur des provinces de Kerman et du Baloutchistan.

Le complexe de Ganj Ali Khan : l’art et le pouvoir au service des gens

Depuis, Ganj Ali Khan a réalisé de nombreuses constructions dans toute la vaste région qu’il gouvernait. Il a construit des caravansérails, des mosquées, des écoles, des jardins, des bains, des réservoirs d’eau, des marchés etc. Dans la ville de Kerman, il fit sortir de terre un vaste projet urbanistique. Aujourd’hui il s’appele Complexe de Ganj Ali Khan qui fit sa renommée.

Pour cette réalisation majestueuse, il a imité le style architectural de la place Naghsh-e-Jahan à Ispahan voulue par Shah Abbas. C’est pourquoi cet immense complexe urbain, construit par Ganj Ali Khan s’appelle parfois le Naghsh-e-Jahan de Kerman.

Ganj Ali Khan laissa son empreinte dans la ville de Kerman avec la construction d’un complexe majestueux. Ce projet urbanistique de plus de 11 000 mètres carrés permit à la ville d’acquérir une renommée aujourd’hui encore reconnue.

L'entrée du Hamam Ganj Ali kHan Kerman
L’entrée du Hamam Ganj Ali kHan Kerman

Ce complexe a une superficie de plus de 11000 mètres carrés. La place, située aux alentours du grand Bazar, est au centre. On y trouve les arcades en brique, les carrelages, les espaces verts et le bassin d’eau. Tout confère  à cette place un mélange de douceur et de simplicité qui la rendent magnifique. De plus, du point de vue des principes d’urbanisme traditionnels iraniens, on peut vraiment considérer comme une véritable place. Car les principaux éléments urbains se situent tout autour en respectant les proportions exactes. En même temps ces éléments la rendent fonctionnelle et rare parmi les autres exemples.

Le Bazar à côté du hammam de Ganj Ali Khan.

Le bazar historique de Kerman se situe au sud de la place. Le hammam de Ganj Ali Khan ainsi qu’une rangée de magasins se trouvent à l’opposé (au Nord). En face, il y a des arcades au-dessous desquelles travaillent des vendeurs de rue. Le marché de l’orfèvrerie, dit également Qaisarieh (ou Césarée) se trouve au bout du bazar de Ganj Ali Khan.

Une petite mosquée se situe dans l’angle nord-est de la place. Le sol du porche d’entrée est en pierre. Il y une épigraphe (l’inscription en pierre) se trouve au-dessus de la porte en bois. Sur la façade simple, on voit des dessins géométriques sur du plâtre. Elle comporte un Chabestan (espace de prière enterré).

L’école et le caravansérail, actuelle Faculté d’Art de l’Université de Kerman, sont dans l’angle est de la place. Le réservoir d’eau se situe également sur le côté opposé du caravansérail.

Le bazar fait partie du centre historique de Kerman. Une mosquée, une école et un caravansérail complètent parmi d’autres constructions ce complexe construit par l’architecte Sultan Mohammad Yazdi à la demande de Ganj Ali Khan aux environs de 1600.

Il y a aussi un atelier monétaire de la ville. Il est  converti  aujourd’hui au Musée de la monnaie de Kerman, dans l’angle nord de la place. C’est un bâtiment avec un haut dôme au-dessus duquel est construite une verrière pour fournir la lumière à l’intérieur.

Le hammam de Ganj Ali Khan: architecture pour les nobles, utilisation par le peuple

La comparaison avec Ispahan et sa place Naghsh-e-Jahan, rend peut-être le complexe de Kerman très simple et modeste. Mais il ne faut pas oublier que pour Ganj Ali Khan, il y avait une autre valeur plus importante. Il y a mis en valeur le côté pratique et fonctionnel favorisant le développement de la ville. Donc,  la réalisation de cet ensemble urbain créait des conditions de confort pour la population. Il n’avait pas l’intention de construire des bâtiments immenses et luxueux. Il ne voulait pas mettre en avant la splendeur et le pouvoir des gouvernants.

L’architecte de cet établissement  commença à dessiner et construire ce complexe  vers 1600 sous l’ordre de Ganj Ali Khan. Il s’appelait Sultan Mohammad Yazdi. Il fallut plus de deux décennies pour le compléter.

Considéré comme le plus splendide bâtiment de ce complexe, ce bain a une superficie d’environ 1300 mètres carrés. Conforme au modèle traditionnel, l’architecte y a respecté  le plan  des bains iraniens. Il y a les même parties qu’on les trouve dans les autres hammams. Le hammam de Ganj Ali Khan comprend une entrée, un couloir, un vestiaire, la porte médiane, la chaufferie, la citerne.

Ainsi, le hammam de Ganj Ali Khan du complexe faisait exception. Car tout en remplissant leur rôle lié à l’hygiène, leur beauté artistique a été délibérément recherchée. En fait, dans le hammam de Ganj Ali Khan, on peut admirer des chefs-d’œuvre de l’art architectural de l’Iran safavide. Mais aussi, cet architecte de Yazd y a démontré son talent artistique et  son esprit créatif.

La façade du hammam de Ganj Ali Khan

L’architecte a construit la façade extérieure du hammam de Ganj Ali Khan en briques simples de couleur indigo. L’entrée est entourée de marbre, de peintures et de muqarnas ou stalactites. A l’entrée, on trouve l’épigraphe d’un poème dont le verset final nous permet de connaître l’année de son achèvement.

Voici le texte : « Personne n’a vu un tel bain dans le monde ». Donc, le texte nous rappelle l’année de son achèvement en 1020 de l’hégire lunaire (1611 après J.C.). Les dessins de fleurs et le stuc au-dessus de l’entrée datent de l’époque safavide. Tandis que les peintures éparses situées au bas des murs, à la place des peintures d’origine datent de l’époque qadjare. Le dessinateur qui les avait réalisées, s’appelle  Mirza Chokrollah.

 Les peintures d'entrée du hammam de Ganj Ali Khan
Les peintures d’entrée et l’inscription de la façade du hammam de Ganj Ali Khan

Le plus splendide bâtiment de cet ensemble s’avère être le hammam de Ganj Ali Khan. Toute la population de Kerman avait le droit de l’utiliser. Ils témoignent de l’architecture et du savoir-faire des artisans de l’époque et constitue un joyau dont la ville est l’écrin.

 Le couloir liant les différentes espaces avec les murs décorés en faience
Le couloir liant les différentes espaces avec les murs décorés en faience

Une fois franchi le seuil, on emprunte un couloir non rectiligne. Ce couloir d’une part rend invisible l’intérieur du hammam et d’autre part empêche l’air d’entrer soudainement dans le bain. Ce qui permet de garder la chaleur. Au bout du couloir, un petit vestibule dont l’entrée peinte porte une décoration d’oiseaux sculptés permet d’accéder aux autres espaces.

Le vestiaire du hammam de Ganj Ali Khan

Le vestiaire est la première pièce principale du bain. Le vestiaire du hammam de Ganj Ali Khan a un plan  octogonal couvert, au centre duquel se trouve un bassin de forme ovale. Les habitants pouvaient s’asseoir sur les banquettes au tour du bassin et changer de vêtements.

Le vestiaire du hammam de Ganj Ali Khan
Le vestiaire du hammam de Ganj Ali Khan

Chaque zone de banquette a sa propre source lumineuse. L’architecte a mis tout son savoir-faire et son goût artistique pour créer ce superbe lieu aux dimensions harmonieuses. Les murs recouverts de de marbre et de carreaux colorés décorés et le plafond blanc en stuc le rend agréable. La partie centrale du vestiaire a un haut plafond.

Les peintures d'entrée du hammam de Ganj Ali Khan
Les peintures d’entrée du hammam de Ganj Ali Khan

Des arcs obliques à muqarnas en font un plafond spiralé très élégant. Les parties hautes des banquettes sont décorées de beaux dessins botaniques multicolores sur des carreaux aux sept couleurs.

Les carreaux de l'époque Safavides au hammam Ganj Ali Khan
Les carreaux de l’époque Safavides au hammam Ganj Ali Khan

Une partie du socle est recouverte avec des carreaux rectangulaires sur lesquels sont représentés des dessins proches des miniatures. Celle-ci a été probablement ajoutée à l’époque Qadjar.

 Les belles faience de l'époque Qadjar au hammam Ganj Ali Khan
Les belles faience de l’époque Qadjar au hammam Ganj Ali Khan

Les six banquettes se composaient de petites cabines reliées entre elles. Chaque cabine était réservée à une classe sociale : savants, religieux, commerçants, artisans etc. En général, le vestiaire étant un endroit ouvert, on y trouve  également des coins tranquilles où les  clients se reposaient. Evidemment, certains priaient ou même discutaient entre eux.  

Miandar ou l’espace intermédiaire du hammam de Ganj Ali Khan

Ensuite, on accède à un corridor qui relie le vestiaire au miandar (l’espace intermédiaire). Ce couloir évite les pertes de chaleur entre ces deux parties. De chaque côté partent deux autres couloirs, l’un vers les toilettes (construites dehors) et l’autre vers la salle d’épilation.

Miandar (l'espace intermédiare) au hammam Ganj Ali Khan
Miandar (l’espace intermédiare) au hammam Ganj Ali Khan

Le hammam de Ganj Ali Khan ne constituent pas seulement un joyau architectural. Il relève l’ingéniosité et la fonctionnalité pensées par son architecte. Des cabines permettent aux différentes classes sociales de Kerman de se retrouver ou à quiconque de s’isoler.

Ce couloir aboutit à un vestibule central avec des bancs sur deux côtés pour déposer les affaires de bain. Ce sont le gamucha (serviette en coton), le pot d’eau, le plateau, la pierre ponce etc. De plus, Ils utilisaient ces bancs pour s’asseoir. Car la température du miandar (l’espace intermédiaire) était entre celle du vestiaire et celle de la pièce chaude. Ainsi, ils pouvaient s’arrêter quelques minutes afin d’éviter le changement brutal de température. Donc, le corps s’adapte peu à peu à la chaleur d’intérieur.

La pièce chaude du hammam de Ganj Ali Khan

La pièce chaude du bain se situe après le long et tortueux miandar. Au centre de cette pièce se trouve un espace carré dont le plafond bas possède des arcs obliques. L’architecte y a ^prévu plusieurs zones  de part et d’autre. D’un côté, Il y a une partie rectangulaire au milieu de laquelle se trouve un bassin carré.

 Le maître et son disciple à la pièce chaude au hammam Ganj Ali Khan
Le maître et son disciple à la pièce chaude au hammam Ganj Ali Khan

Deux espaces octogonaux se font face dans deux angles et une zone voûtée dans le troisième angle. L’architecte a aménagé ces espaces pour se laver autour du bassin. Chacune de ces zones différentes de la pièce chaude est, en fonction de sa forme, couverte d’arcs obliques variés. Le chalehoz (pièce froide) se trouve à l’autre côté du lieu central de la pièce chaude.

les arcs diagonaux au hammam Ganj Ali Khan
les arcs diagonaux au hammam Ganj Ali Khan

Un grand bassin octogonal existe dans ce lieu entouré de huit piliers soutenant une vaste voûte. Ce bassin, rempli d’eau froide, s’utilisait pour nager et se distraire surtout en été.

Le gouverneur a son espace privilégiée. Une immense chambre séparée des autres pièces permettait au gouverneur de la ville de s’y baigner et  de s’y reposer. Elle se trouve dans l’angle sud du chalehoz.

La chambre reservée au gouverneur
La chambre reservée au gouverneur

Khazineh (citerne à l’eau chaude) du hammam de Ganj Ali Khan

La porte du khazineh ou citerne du bain est à l’angle opposé de l’entrée de la pièce chaude. Dans le khazineh, il y a trois bassins indépendants. Celui du milieu était rempli d’eau chaude et les deux autres d’eau mi- chaude et mi- froide. L’eau provenait du célèbre qanat de Chahrabad construit par Ganj Ali Khan.

Le couloir qui s'aboutit à la four (Golkhan ou Garmkhaneh)
Le couloir qui s’aboutit à la four (Golkhan ou Garmkhaneh)

Un bloc de marbre rouge monolithe d’une épaisseur de 10 centimètres se trouve aussi dans la chaudière. Les gens l’appelaient « Pierre horloge ». La lumière du soleil entre par les orifices du plafond et tombe sur cette pierre. Elle se reflète sur le mur d’en face. Ainsi, en fonction de l’emplacement de ce reflet, ils pouvaient savoir à quel moment de la journée on est.

Pierre Horloge  du Hamam Ganj Ali kHan Kerman
Pierre Horloge du Hamam Ganj Ali kHan Kerman

Un qanat construit à la demande de Ganj Ali Khan alimentait les bains hammam de Ganj Ali Khan.  Les bassins hammam de Ganj Ali Khan permettaient une agréable suspension du temps sans jamais ignorer l’instant. Au contraire, « Pierre horloge » rappelait discrètement le temps aux gens, baigné de lumière par des puits disposés dans les plafonds.

L’éclairage et les puits de lumière dans le hammam de Ganj Ali Khan

La lumière à l’intérieur du bain provenait du plafond du bâtiment. Par conséquent, les puits de lumière étaient disposés au centre ou autour des plafonds en fonction de leur forme géométrique.

Donc, ceci rendait le plafond plus lumineux avec de belles zones de pénombre. De plus, les bassins d’eau sous ces puits de lumière rendaient ces endroits encore plus beaux. Les puits de lumière construits en verre coloré ou en mosaïque empêchaient  à la fois la visibilité de l’intérieur. Ils réglaient  la chaleur du bain et éclairaient le bâtiment.

Les puits de lumière au Hamam Ganj Ali kHan Kerman
Les puits de lumière au Hamam Ganj Ali kHan Kerman

Le système du chauffage dans le hammam de Ganj Ali Khan

Le golkhan (four) fournissait la chaleur du bain. C’était un four construit sous le khaziné dans lequel l’eau chauffait. Ils utilisaient des épines comme le combustible. Un grand pot en cuivre appelé toune (Vanne) était posé au fond et au centre du khaziné. Une petite chambre reliée par un couloir à l’extérieur du bain se trouvant au-dessous. Une personne faisait régulièrement brûler le bois et les branchages dans le toune afin de maintenir l’eau du khaziné chaude. Il s’appelait Toune Tab

Les vannes en cuire au sol de Garmkhaneh ou Khazineh
Les vannes en cuire au sol de Garmkhaneh ou Khazineh

D’abord, la fumée s’échappant du toune passait par des conduits au fond du bain. Il s’agissait de tuyaux situés au-dessous de la chambre chaude qui elle-même possédait plusieurs conduits. Ces conduits permettaient à la fumée de sortir par la cheminée après l’avoir traversée. En fait, ces canalisations jouaient le rôle de radiateurs et la fumée qui y passait réchauffait le fond du bain.

Le hammam de Ganj Ali Khan, un musée d’anthropologie

Durant les premières décennies du 20e siècle, le hammam de Ganj Ali Khan restait ouvert.  Les gens de Kerman l’utilisaient comme auparavant. Puis, ce bâtiment fut restauré et enregistré parmi les œuvres nationales par le gouvernement de l’Iran en 1968. C’est à la même période que le projet de transformer ce lieu en musée d’anthropologie fut a eu lieu.

Le cabinet des chefs locaux au hammam GanjAli Khan
Le cabinet des chefs locaux au hammam GanjAli Khan

En 1973, des statues construites à la Faculté des Beaux-Arts de l’Université de Téhéran. Les muséologues les avaient amenées pour être présentées dans le hammam de Ganj Ali Khan. Cela  permet aux touristes de visiter ce lieu historique et de comprendre le fonctionnement d’un hammam traditionnel. C’est un thème particulièrement intéressant. .

 le cabinet réservé au ouvriers au hammam Ganj Ali Khan
le cabinet réservé au ouvriers au hammam Ganj Ali Khan

Utilisé par les habitants de Kerman jusqu’au 20ème siècle, le hammam de Ganj Ali Khan fut classé parmi les œuvres nationales en 1968. Depuis la restauration, il présente aujourd’hui aux visiteurs des scènes reconstituées par des statues de cire.

Les objets muséaux du hammam de Ganj Ali Khan,

Les statues en cire portent les vêtements locaux des gens de Kerman. On y trouve, entre autres, des religieux, des gens ordinaires et des artisans. Elles nous présentent diverses scènes des coutumes associées au bain. Parmi ces coutumes, on peut citer  la prière, pose de ventouses, rasage de la tête etc.

Dans chaque cabine, il y a une ou deux statues de gens de différentes classes sociales de l’époque. Certaines accessoires nécessaires pour se baigner comme cèdre, henné, bol, peignes anciens, gamucha, pierre ponce et différentes sortes de miroirs.

La pièce chaude du hammam de Ganj Ali Khan
La pièce chaude du hammam de Ganj Ali Khan

Dans le vestiaire sont disposés des objets utilisés dans les bains traditionnels comme des toiles, des chaussures traditionnelles, des paquets canevaset des serviettes. Dans la chambre chaude, on peut voir les statues des ouvriers du bain et des masseurs, ce qui attire également l’attention des touristes.

le paiement à la sortie du hammam de Ganj Ali Khan
le paiement à la sortie du hammam de Ganj Ali Khan

Visitez tranquillement du hammam de Ganj Ali Khan. Promenez-vous dans ses différentes parties. Observez les scènes présentées in situ. Tout va vous  permet de se croire dans un film. Vous allez imaginer que l’on se trouve soi-même en train de profiter du hammam et de ses différentes étapes. Vous allez passer éventuellement une journée, comme cela pouvait arriver dans les temps anciens. Ce musée permet de découvrir concrètement un moment particulier de la vie des gens et de l’histoire sociale de l’Iran.


 Les peintures d'entrée du hammam de Ganj Ali Khan
Les peintures d’entrée du hammam de Ganj Ali Khan

[1]Considérée par certains historiens comme l’une des tribus originelles iraniennes subsistant de l’époque des Parthes

Rédacteur

Mojtaba SHAHRABADI

Titulaire d’un master en Histoire, Doctorant en histoire politique , Chercheur

Neda Hamidizadeh
Traductrice

Neda Hamidizadeh

Titulaire d'un master de français

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