Chah Ismail 1er est connu comme le fondateur de l’identité nationale chiite iranienne. Le nom de Chah Ismail 1er a marqué  profondément l’histoire de l’Iran depuis 1501. Au 15ème siècle, l’Iran était en proie au chaos, à l’insécurité et à l’anarchie féodale. Chah Ismail 1er, le plus fort de sa période, s’empara du pouvoir dans les différentes régions.

Survivant du passage destructeur de Tamerlan au 13ème siècle, l’Iran était divisé entre des dynasties turkmènes et quelquefois arabes. Le Khouzistan était sous la domination des Musha’sha’iyyah, une secte chiite. Le nord de cette région était aux mains des khans [souverains] Kiaï et Marashi. Au sud, des khans locaux arabes dirigeaient la région.

L’anéantissement de l’Iran remonte aux siècles précédents. Depuis l’invasion des Arabes musulmans et la chute des Sassanides (8ème siècle après J-C.), divers peuples ont envahi et attaqué le pays. Les fondements de la souveraineté iranienne s’étaient déjà effrités lors de l’invasion arabe. L’attaque des Seldjoukides les anéantit au 11ème siècle. Les invasions mongoles au 13ème siècle portèrent un coup fatal à cette souveraineté.  Tamerlan a détruit son patrimoine. De ses ruines, il ne resta que quelques minarets (14ème siècle). En effet, le territoire des Aryens,  appelé Iran, avait été rayé de la carte depuis l’invasion des Arabes.

Mais malgré ces évènements tragiques, l’Iran, grâce à Chah Ismail 1er, a pu de renaître de ses cendres.

 L’ascension à Ardabil d’un modeste cheikh soufi nommé Cheikh Safi al-Din allait sans que cela n’y paraisse ouvrir la voie à Chah Ismail 1er dans sa reconquête et son rétablissement du chiisme.

Défenseur de la doctrine safavide, Chah Ismail 1er devait, à treize ans, rentrer dans l’Histoire iranienne comme le fondateur de l’Iran moderne, conforté dans son identité nationale et religieuse.

Une renaissance dont le centre était Ardabil et ses fondements le soufisme et la religion chiite. Une renaissance pour l’Iran, dont le destin était dans les mains d’un garçon de treize ans. Il s’appellera Chah Ismail 1er, le fondateur de la future dynastie des Safavides.

 

Où se trouve Ardebil (le premier siège de Chah Ismail I ? Et comment cette ville devient le cœur du mouvement safavide?

Ardebil se trouve à la pointe nord-ouest de l’Iran actuel. Cette ville, située dans une petite plaine au pied de la magnifique montagne de Sabalan, en reste fière et qui contient une période importante de l’histoire d’Iran

L’éloignement d’Ardebil et sa faible importance par rapport à Tabriz en ai fait un lieu de refuge pour les dirigeants des mouvements sociaux. Ces situations rendairnt cette ville bien agréable. Parce que cela ne suscitait pas l’inquiétude des gouverneurs.

Mais ce qui contribua à la mise en lumière d’Ardabil fut l’ascension d’un cheikh soufi populaire: Cheikh Safi al-Din.

Qui était Cheikh Safi?

Cheikh Safi (l’ancêtre de Chah Ismail I) était né dans le village de Kalkhoran près d’Ardabil. Adolescent, il se rapprocha du soufisme et il entreprit un voyage à la recherche d’un grand maître. Finalement, il rejoignit Cheikh Zahed Gilani à Gilan au nord de l’Iran. A la mort de ce dernier, Cheikh Safi lui succéda. Peu de temps après, il retourna à Ardabil et y fonda une doctrine appelée «La Doctrine safavide». Cheikh Safi, initialement, possédait seulement une petite ferme. Au fur et à mesure que des gens se ralliaient à lui, il recueillit de nombreux biens. De sorte qu’au moment de sa mort en 1336 après J.C., son il possédait  de plus de vingt villages. Il consacrait ses revenus aux gens malheureux et aux pauvres. Ainsi, le nombre de soufis qui le suivaient augmenta, jour après jour.

Cheikh Safi al-Din, l’ancêtre de Chah Ismail 1er, allait fonder la doctrine safavide à son retour à Ardabil après son voyage d’initiation au soufisme, à Gilan. Cette doctrine va devenir la base idéologique des soufis safavides et permettre à Chah Ismail 1er de parfaire son éducation et ses compétences.

Qui étaient les soufis?

Certains croient que le mot soufisme vient du mot «suf» signifiant «laine». En effet, les soufis portaient des robes en laine. Cette tenue simple symbolisait la simplicité et la sagesse islamiques, en réaction contre le mode de vie luxueux des riches. Ainsi, le soufisme apparut comme un signe de protestation sociale dès le début du XVIIIe siècle.

Les Soufis considéraient qu’ils représentaient le véritable islam et la tradition du Prophète. Ils adoraient et louaient Dieu. Leur lieu de rassemblement pour le culte s’appelait monastère. En fait, un chef nommé «Vieux» ou «Maître» le dirigeait. La règle des soufis était l’obéissance totale et inconditionnelle au maître. Afin de gravir les différentes étapes, ils suivaient le « vieux ». Ainsi, ils atteignaient  d’atteindre l’objectif final : Le bonheur

Comment la confrérie safavide devient-elle un mouvement politique et armé ?

Quand la direction de cette confrérie religieuse safavide tombe dans les mains de Cheikh Junayd, la confrérie Safavides devient très riche.  L’abondance de richesses et de biens et les nombreux disciples safavides provoquèrent la colère du gouverneur. Le souverain de l’Azerbaïdjan, Jihan Chah.  Il a eu peur de la grandeur de Cheikh Junayd. C’est pourquoi  Jihan Chah a obligé Cheikh Junayd de quitter Ardebil avec ses disciples. Donc, ils se réfugièrent à Diyarbakir. Ozon Hassan qui y détenait le pouvoir, l’accueillit respectueusement. Peu de temps après, il lui donna en mariage sa sœur Khadija Beygum.

Ainsi, Cheikh Junayd  bénéficiait d’un soutien politique. En plus sa richesse et un nombre important d’adeptes, engagea son mouvement dans des opérations militaires. Il attaqua Trabzon dans le cadre du jihad et il récolta un butin important. Lors du deuxième combat, Junayd attaqua le Daghestan. Mais cette fois, il fut assassiné pendant la guerre avec Chirvanchah en 1460. Donc, Cheikh Junayd transforma la confrérie soufie safavide en un mouvement militaire.

la tenue d'un Qizil Bash, les soufis gueriers de la période de Chah Ismail I ( source: http://baydaq.com)

la tenue d’un Qizil Bash, les soufis gueriers de la période de Chah Ismail I ( source: http://baydaq.com)

L’apparition des soufis guerriers

Après Junayd, son fils Cheikh Haydar accéda au pouvoir. Haydar convertit le monastère d’Ardebil en armurerie et il s’engagea dans la construction d’armes. Afin d’intégrer ses disciples et partisans, il créa un chapeau rouge avec douze plis, la couleur rouge. Celle-ci symbolisait la vengeance et les douze plis faisant référence aux douze imams chiites. Ils se font appeler  Qizilbash (en raison de leur couvre-chef rouge).

Désormais, les Safavides se présentaient plus simplement des disciples soufis. En fait, ils agissaient comme les dirigeants d’un mouvement politique militaire avec des slogans explicitement chiites. Jusqu’alors, presque toutes les confréries soufies étaient sunnites. Mais Cheikh Haydar, quant à lui, choisit d’ancrer le mouvement dans le soufisme et le chiisme.

Les partisans de la confrérie des Safavides, appelés Qizilbash, vont transformer cette confrérie soufie chiite en un mouvement militaire disposant d’une indépendance aussi bien financière qu’idéologique. La base de l’armée qui permettra à Chah Ismail 1er de conquérir le pouvoir est née.

Ainsi, les Safavides se transformèrent en un mouvement indépendant et unique. Grâce à sa richesse, son autonomie économique, le chiisme, son indépendance idéologique la dynastie safavide avait acquis une indépendance militaire.  Tout de suite, par  ses innombrables partisans (Qizilbash) la dynastie safavide avait acquis une indépendance militaire. Cheikh Haydar poursuivit le jihad commencé par son père. Lui aussi, il attaqua le Daghestan et il revint avec de nombreux captifs et du butin. Cheikh Haydar  se préparait pour instaurer un état indépendant, mais il murut comme son père à Chirvan au cours d’une troisième campagne. Au cours de cette  bataille inégale avec Chirvanchah, en 1488, il n’avait que trente ans.

Chah Ismail I jeune ( source de photo: https://ishtap.ir/ )

Chah Ismail I jeune ( source de photo: https://ishtap.ir )

Un adolescent de treize ans: fondateur du premier état indépendant postislamique en l’Iran

Chah Ismail I, né en 1487 après J.C., n’avait que quelques mois quand Sheikh Heydar, son père fut assassiné à Tabrasaran. Les gouverneurs azerbaïdjanais avaient compris que les Safavides voulaient instaurer une monarchie. Donc, il leur était impossible de se comporter vis-à-vis d’eux avec tolérance et patience. Les Qizilbash safavides furent pourchassés et Chah Ismail I ainsi que ses deux frères, Sultanali et Ibrahim emprisonnés.

Plus tard, Rustam Beyg, gouverneur d’Azerbaïdjan, libéra les trois frères. Il les appela à Tabriz afin que les soufis l’aident dans sa lutte contre ses rivaux. Mais les Safavides, eux-mêmes, revendiquaient clairement le royaume. Libérés, ils ont constitué une véritable épée à double tranchant. Ceci menaçait l’existence même du gouvernement de Rustam Beyg.

Sultan Ali, alors le chef des Safavides savait bien que les puissances rivales tueraient finalement lui et sa famille. Il quitta donc Ardebil avec quelques-uns de ses partisans et ses deux plus jeunes frères. Rustam Beyg comprenant que cette fuite n’était que le prélude à une action ayant pour objectif de le combattre les poursuivit. Les forces d’Aq Quyunlu (Moutons blancs) dirigées par Rustam Beyg  les rejoignirent à proximité du village de Cham Asbi.

Sultan Ali sentant la mort approcher, embrassa Chah Ismail I et lui fit ses adieux. Il  lui murmura qu’il reviendrait un jour venger le sang de son frère, de son père et de son aïeul. Et enfin, il dirigerait le mouvement safavide vers le but final. Quelques heures plus tard, Sultan Ali et ses partisans versèrent leur sang sur le champ de bataille en 1494. Un groupe de quelques disciples qui furent appelés plus tard «Ahle Ekhtésas», sauvèrent Chah Ismail I. Ils  l’emmenèrent Ismail les yeux pleins de larmes.

Chah Ismail I, le successeur des Safavides

Le future Chah Ismail I fut secrètement emmené à Gilan. A Lahijan, le chef local nommé qui soutenait les Safavides, hébergea les fuyards. Il envoyait en secret des fidèles aux alentours. Chah Ismail I étudiait et apprenait le Coran. Il gardait auprès de lui des disciples, attendant plein d’espoir le jour de la vengeance. A l’âge de six ans, il était considéré comme le chef suprême des soufis safavides. A cause de sa maturité, on aurait pu croire qu’il faisait plus âgé. Chah Ismail I apprit les techniques militaires et le secret du commandement avec enthousiasme.

Il ne lui fallut que cinq ans pour se préparer à commencer sa lutte. En 1499, le rêve d’Chah Ismail I fut sur le point de se réaliser. Lui qui avait moins de treize ans en ce temps-là, sortit de Gilan avec trois cents dévots Qizilbash. Auparavant, il avait envoyé des délégués pour envoyer un message important à ses disciples. Le temps du combat était enfin arrivé. Chah Ismail I conduisit sept mille de ses partisans à Erzincan.

Chah Ismail 1er put accéder à son rêve après cinq années d’une âpre préparation. Sa guerre de reconquête va débuter en 1499 par la bataille de Chirvan, non pas moins destinée à venger son père qu’à obtenir une victoire décisive.

Les guerres de Chah Ismail I pour arriver au pouvoir

Chah Ismail I, adolescent, se connaissait comme un être divin ayant un beau visage volontaire et déterminé par ses partisans. Il décida attaquer Chirvan. Celui-ci serait la première destination pour venger son père et son grand-père qui avaient été tués par Chirvanchah. L’issue de cette guerre ne pouvait qu’être une victoire décisive.

Les Qizilbash violèrent Chirvan, ils guillotinèrent Farrokh Yasar Chirvanchah. Ensuite, après avoir détruit la tombe de son père, Khalil Chirvanchah, ils ouvrirent sa sépulture, brûlèrent ses os (en 1500). Après cet évènement, Chah Ismail I s’empara de Bakou. Mais quand il a su le déplacement de l’armée d’Alvand Mirza à Nakhjavan, il décida de modifier son chemin. Donc il ne prit aucun repos.

Dans la plaine appelée «Le mal» et avec moins de sept mille hommes, il se lança dans une bataille contre Alvand Mirza et ses 30 000 Aq Qoyunlu. Le courage d’Chah Ismail I et le sacrifice des Qizilbash leur permit de remporter la victoire. Environ huit mille combattants de l’armée d’Aq Qoyunlu furent tués sur le champ de bataille. Cette victoire permit à Chah Ismail I de contrôler l’Azerbaïdjan.

Le couronnement de Chah Ismail I à Tabriz et la religion chiite devient la religion officielle

Quelques jours plus tard, Chah Ismail I et ses troupes conquirent Tabriz et il se couronna sous le nom de Chah Ismail I Safavi,  en été 1501. Donc la dynastie safavide accéda au trône après deux siècles de préparation, d’efforts et de patience. De la monnaie fut frappée au nom de  Chah Ismail I et Tabriz devint la capitale du nouveau royaume. Mais il ne fait aucun doute que l’action la plus importante de Chah Ismail I à Tabriz fut de déclarer la religion chiite comme la religion officielle du royaume safavide. Décision capitale dont les conséquences ont orienté toute l’histoire de l’Iran jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs de ses conseillers  l’ont contredit. Cependant Chah Ismail I, sans aucune hésitation, annonça cette décision dans la grande mosquée de Tabriz.

Après avoir conquis Tabriz en 1501, Chah Ismail 1er proclame la religion chiite comme nouvelle religion officielle de l’Iran. Cette décision n’est pas sans symbole ni conséquence : l’Iran retrouve son identité nationale et religieuse après plusieurs siècle d’occupation étrangère.

La religion chiite et sunnite : l’empire Safavide et Ottoman

A cette époque-là, environ deux tiers des Iraniens étaient sunnites, mais Chah Ismail I qui s’était proclamé lui-même Seigneur et descendant des fils des imams chiites, maintint sa décision. Il la mit en œuvre parfaitement dans tout le royaume et ce, jusqu’au dernier jour de sa vie.

La bataille de Tchaldran: l'armée de Chah Ismail I a eu une défaite contre les Otomans)

La bataille de Tchaldran: l’armée de Chah Ismail I a eu une défaite contre les Otomans)

L’Iran chiisme lui rende son identité nationale et religieuse

L’Empire ottoman était alors la puissance suprême dans le monde islamique et il se considérait comme le protecteur de la religion sunnite. La décision de Chah Ismail I, en faisant le choix du chiisme, plaça l’Iran face aux Ottomans et au-delà. Elle transforma l’Iran safavide en une île unique dans un monde musulman sunnite.

Mais en revanche, l’Iran retrouva son identité nationale et religieuse unique après des siècles d’occupations. Dans la décennie suivante, Chah Ismail I passa sa vie à cheval à combattre. Le but suivait unifier les fragments de l’Iran qui avait été dépecé au cours des siècles. C’est à lui que l’on doit la reconstruction de l’Iran autour de sa propre identité nationale et religieuse. Il mena bataille chaque fois qu’il y avait des menaces de sécession. Chah Ismail I reconquit le pays, état par état, ville par ville et château par château, aux côtés des Qizilbash en combattant tous ses ennemis et rivaux. Il ne négligea rien pour stabiliser et pérenniser ensuite la souveraineté safavide. Certes, les nombreux désastres arrivent ensuite.

Le mausolée de Seyed Sadr Al-din, le visir de Chah Ismail I. Il a été tué pendant la guerre de Tchaldran où il a été enterré.

Le mausolée de Seyed Sadr Al-din, le visir de Chah Ismail I. Il a été tué pendant la guerre de Tchaldran où il a été enterré.

Les résultats des guerres incessantes

À cause des guerres incessantes, des crimes sauvages furent commis. Mais rien ne l’arrêta car cela lui semblait inévitable pour unifier le pays. Par exemple, pour intimider les Ouzbeks qui mettaient en danger depuis longtemps la sécurité des frontières orientales de l’Iran et qui avaient commis des crimes effrayants, il lança son armée à l’est. Après les avoir vaincus, il ordonna de lui faire un verre à vin avec le crâne de Chibak Khan Ouzbek.

De la pacification du royaume nouvellement unifié à la neutralisation des frontières orientales de l’Iran, Chah Ismail 1er va connaître une première et dernière défaite à Chaldoran le 23 août 1514. Une nouvelle ère va alors s’ouvrir qui se poursuivra jusqu’à sa mort.

La défaite de Chaldoran

Sans doute  Chah Ismail I était-il un commandant puissant et un homme politique avisé. Toutefois, il perdit la guerre de Chaldoran (qui était peut-être la guerre la plus symbolique pour lui) face aux Ottomans. Cette défaite le marqua tellement qu’il ne participa à aucune guerre après, jusqu’à la fin de sa vie. Mais on ne peut oublier ses victoires et ses réussites réelles, si importantes. D’où son nom est resté vivant dans l’histoire iranienne. Malgré tous ses défauts, Chah Ismail I a été le fondateur du nouvel Iran : un pays indépendant avec une identité nationale et religieuse forte. Grâce à cet adolescent soufi, le nom Iran est réapparu sur les atlas et dans l’histoire mondiale.

La défaite de Tchaldran: Chah Ismail I contre Sultan Salim otoman, source de photo: www.tebyan.net )

La défaite de Tchaldran: Chah Ismail I contre Sultan Salim otoman, source de photo: www.tebyan.net )

La fin de la vie de Chah Ismail I

Chah Ismail I , premier roi safavide, fondateur de la dynastie des Safavides et père du Nouvel Iran est mort au milieu de l’incrédulité des Qizilbash en 1524, alors qu’il n’avait que trente-sept ans. Mais trente-sept ans d’une vie tumultueuse.

Le tombeau de Chah Ismail I. Il est enterré à coté de Cheukh Safi Al-din à Ardabil

Le tombeau de Chah Ismail I. Il est enterré à coté de Cheukh Safi Al-din à Ardabil

Rédacteur

Mojtaba SHAHRABADI

Titulaire d’un master en Histoire, Doctorant en histoire politique , Chercheur

Neda Hamidizadeh
Traductrice

Neda Hamidizadeh

Titulaire d'un master de français

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