Le santur fait partie de la grande famille des instruments de musique iraniens. Son apparition remonterait au premier millénaire avant Jésus-Christ, bien qu’il soit déjà mentionné dans la Bible, dont les textes lui accordent une origine araméenne.

Répandu en Europe au début du Moyen Age sous son nom latin de dolcis melo, il est connu en France sous le nom de doulcemelle. Mais de nombreuses autres formes existent : on retrouve le santur de la Turquie à la Chine, en passant par l’Egypte et le Thibet.

Délaissé après la disparition au début du 20ème siècle de Somâ Hôzur, le santur reviendra sur le devant de la scène lors d’une représentation de Somâi à l’occasion de l’inauguration en 1940 de la Radio d’Etat. Sa sonorité va prouver son accord avec la musique traditionnelle et la musique plus moderne.

Le santur 

L’origine historique

La musique iranienne actuelle est équipée d’un instrument, intitulé santur. Néanmoins,  l’apparition remonte selon des découvertes archéologique au premier millénaire avant J.-C. Dans une sculpture assyrienne, qui représente une cérémonie en l’honneur d’Assurbanipal (667-626 av. J.-C.) figure, semble-t-il, un ancêtre du santur : il s’agit d’une caisse évidée portant douze cordes que le joueur frappe de la main droite avec une baguette, tandis que sa main gauche paraît exercer une pression sur les cordes pour en varier la sonorité et la hauteur.

Dans la Bible, on relève le mot santur, qui serait araméen1. Le santur aurait une origine hébraïque. Né en Orient, il s’est répandu en Europe au début du Moyen Age. Ainsi on l’appelle en vieux français doulcemelle, de l’italien dolcemele, qui vient lui-même de dolcis melos. Pourtant le psaltérion lui ressemble comme un frère. Le cymbalum lui est aussi nettement apparenté.

On trouve également le santur sous des formes et des noms variés en Turquie, en Égypte, en Mésopotamie, au Cachemire, au Thibet, en Chine, etc …

Les composants du santur

Le santur est une cithare trapézoïdale à soixante-douze cordes2 (quatre par note) fixes et entrecroisées, soutenues par dix-huit chevalets mobiles en bois dur, garnis d’une petite barrette de métal afin d’isoler le bois que la forte tension des cordes écraserait.

Ces chevalets – appelés Kharak-s, « petits ânes »  se  sont divisés en deux rangées de neuf, entre lesquelles se situent le registre grave (cordes jaunes, partie de droite) et le registre medium (cordes blanches, partie de gauche). Derrière les chevalets de gauche se trouve le registre aigu. En outre au-delà des chevalets de droite,  il y a un registre suraigu. Mais on ne s’en sert que depuis peu et pour les besoins de l’orchestre moderne.

 

Le santur

Le santur

Comment jouer le santur st2

L’étendue normale est donc de trois octaves plus une note, et se répartit ainsi : les soixante-douze chevilles fixées sur le côté droit de l’instrument permettent d’accorder celui-ci au moyen d’une clef. Bien entendu,  on doit accorder le santur selon l’échelle utilisée. L’instrumentiste joue avec de fines baguettes de néflier, de noyer ou de buis, appelées mezrab-s. Une extrémité est découpée de manière à permettre la préhension par les trois premiers doigts de chaque main ; l’autre extrémité, qui frappe les cordes, est légèrement relevée.

Selon les écoles, la tige du mezrab est soit rectiligne, soit un peu courbe. Les musiciens fidèles à la tradition des anciens maîtres de santur jouent essentiellement du poignet et utilisent des mezrab-s droits. Les partisans de l’école moderne, qui jouent en grande partie « des doigts », préfèrent les baguettes courbes.

 

mezrab dans les mains de Payvar, santuriste connu en Iran

Mezrab dans les mains de Payvar, santuriste connu en Iran

Grâce aux combinaisons des deux mezrab-s, on peut obtenir sur le santur une grande variété d’attaques, de nuances, d’accents, d’ornements, de rythmes. Ce sont d’ailleurs les mélodies rythmiques qui trouvent leur meilleur moyen d’expression dans le santur.

SABA : l'un des premiers santuriste en Iran

Saba : l’un des premiers santuriste en Iran

Les grands santuristes

Cet instrument fut pourtant assez délaissé après la disparition du grand Somâ Hôzur, au début du siècle. Si bien qu’avant la guerre, seuls quelques vieux musiciens en jouaient encore. Somâi, élève de son père Somâ Hôzur en est l’un des meilleurs. Lors de l’inauguration de la Radio d’État, les autorités ont invité  à Téhéran, Somâi, le meilleur « santuriste ». L’instrument se révéla très radiogénique, et tout le monde voulut apprendre le santur !

Meshkatyyan, le santuriste le plus connu en Iran

Meshkatyyan, le santuriste le plus connu en Iran

Ainsi se répandit à nouveau. Les musiciens ont remis en honneur le plus sonore, le plus brillant des instruments à cordes iraniens.  Il faut la moitié d’une vie pour apprendre à l’accorder et l’autre moitié pour apprendre à en jouer !

  1. De même que le mot Qânun. Mehdi Foruq, article publié dans La Revue de la Musique, Beaux-Arts, n° 10, Téhéran 1957.
  2. Trente-six cordes jaunes, en laiton, et trente-six blanches, en acier.

 

 

Source : CARON. N, SAFVATE. D, Iran, les traditions musicales, Collection de l’institut international d’études comparatives de la musique, Buchet / Chastel, Paris, 1966

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