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Les safavides: Chah Abbass, Ispahan, Moitié du monde

L’histoire de la Perse, puis de l’Iran, a été marquée par de nombreux rois. Mais Chah Abbas 1er, Les Safavides et Ispahan sont des noms ayant une importance toute particulière et ceci jusqu’à nos jours. Visiter Ispahan et entendre l’histoire de Chah Abbas 1er constituent deux moments inoubliables pour la plupart des touristes qui visitent l’Iran. Les monuments et espaces architecturaux comme la place Meidan-e Naqshi ou Jahan, le palais Ali Qapu ou Haute Porte, la mosquée de cheikh Lotfallah ainsi que la mosquée de l’Imam sont les œuvres de Chah Abbas 1er.

Nous allons parler de Chah Abbas et des évolutions politiques, sociales et religieuses de cette période afin de savoir, en visitant les monuments historiques susmentionnés, comment et sous quelles conditions ce dernier a accédé au pouvoir, quels étaient les événements de son temps, ce qu’il a réalisé en supprimant les ennemis intérieurs et extérieurs et finalement ce qu’il a fait pour la rénovation de l’Iran. Nous allons étudier comment il a lutté contre les ennemis extérieurs entre autres les Ouzbeks à l’est, les Turcs à l’ouest et au nord-ouest et les Portugais au sud de son territoire et comment il les chassa. Qu’a-t-il fait dans le domaine de la politique extérieure, de la diplomatie et de l’économie? Comment Ispahan, sa capitale, est-t-elle devenue la moitié du monde?

 

Le règne des Safavides jusqu’à l’avènement de Chah Abbas Ier 

 

Le fondateur de la dynastie safavide a pu conquérir, par les armes, tout le pays après avoir occupé l’Azerbaïdjan (région au nord-ouest de l’Iran). Il a pu convertir les Iraniens au chiisme imamite ou duodécimain. Le sunnisme ayant quasiment disparu avec la chute du califat sunnite de Bagdad, le chiisme a commencé à prendre racine chez les Iraniens, jusqu’alors sunnites. C’est ainsi que, suite à l’évolution religieuse du fondateur de la dynastie safavide, la société iranienne est devenue chiite de la branche des duodécimains, sans aucune résistance.

Les Ouzbeks pénétrèrent en Iran du nord-est dans le Khorassan. Ils pillèrent cette région et provoquèrent ainsi de nombreuses catastrophes. C’est pourquoi le fondateur de la dynastie safavide mena une expédition au Khorassan pour y rétablir l’ordre.

Durant cette période troublée, les Portugais se lancèrent dans des expéditions maritimes. Profitant des problèmes des Safavides au Khorassan, ils occupèrent le Golfe Persique, en particulier les îles d’Ormuz et de Qeshm. Le fondateur de la dynastie safavide se contenta alors de protester.

A la frontière occidentale de l’Iran était l’empire ottoman, ennemi juré. Son animosité envers les rois safavides venait de leur différence religieuse. Les empereurs ottomans, ardents adeptes du sunnisme, furent à l’origine du massacre de quarante mille Turkmènes chiites en 1513.

Ce bain de sang aboutit en 1514 (et non 1515) à la bataille de Tchaldiran, situé en Azerbaïdjan. Malgré les efforts des soldats iraniens, l’Iran fut vaincu. La cause principale est à rechercher dans l’utilisation d’armes à feu (fusils et canons) par les Ottomans, alors que les Iraniens utilisaient des armes blanches (épées, lances, …) car le fondateur de la dynastie safavide pensait que l’utilisation des armes à feu était injuste. Les Ottomans annexèrent la partie orientale de l’Anatolie, malgré la résistance farouche de sa population.

 

Après la mort du fondateur de la dynastie safavide Chah Ismaïl 1er, son fils Tahmasp arriva au pouvoir. Les Ouzbeks réattaquèrent l’Iran depuis le Khorassan, puis après l’expédition de Tahmasp, ils fuirent et retournèrent en Transoxiane.

Puis survint l’avènement du grand sultan ottoman Soliman Ier dit le Magnifique.  Il fut le premier empereur ottoman qui attaqua l’Iran à quatre reprises. Le roi safavide Tahmasp lui infligea une défaite en adoptant une tactique de guerre particulière. Il rendit inutilisables tous les puits et fontaines et anéantit toutes les provisions situées sur le chemin des Ottomans, c’est ce qu’on appelle la politique de la terre brûlée. Le résultat de cette politique fut l’arrêt de l’armée ottomane, toutefois Soliman occupa les régions sans grand bénéfice d’ailleurs.

Les raisons pour lesquelles Tahmasp avait choisi cette tactique était l’absence d’une armée cohérente, un nombre insuffisant de soldats, de provisions et d’équipements militaires. Mis à part cela, il ne faut pas oublier un froid rigoureux et la neige abondante qui ont fait obstacle à l’avancée de l’armée ottomane.  Tahmasp a ainsi consolidé le pouvoir des Safavides en Iran, mais sa mort a bouleversé la situation du pays.

Un de ses fils, Ismaïl II, a été couronné, mais il était incompétent pour diriger le pays. Ce fut l’assassinat de tous ses frères pour faire disparaître tous les prétendants au trône qui l’amenèrent au pouvoir. Le successeur de Tahmasp essaya de détruire le chiisme, mais il n’y est pas arrivé et il est mort ou a été assassiné en 1577.

Après lui, un autre membre de la famille royale, ayant échappé aux actes criminels du défunt roi, a accédé au trône sous le nom de Khodabandeh. Bien que l’Iran ait remporté deux victoires contre l’empire ottoman, la situation du pays empira.

 

 

Il est important de savoir que Chah Abbas II, le fils de Khodabandeh, était l’héritier de cette situation. Ce dernier avait vidé les caisses de l’Etat en faisant des cadeaux somptueux aux Qizilbashs (force militaire turcophone favorable aux Safavides). De plus, l’insécurité était présente partout, d’où un mécontentement général et un affaiblissement du pays, ce qui explique la méfiance de Chah Abbas vis-à-vis d’eux et leur suppression dans l’armée du pays.

 

Les Ouzbeks profitèrent de cette situation de faiblesse pour envahir le Khorassan. Quant à l’empereur ottoman, lui aussi profita de cette aubaine. Le traité de paix conclu sous Chah Tahmasp est violé et, malgré les victoires des Iraniens, la majeure partie de l’ouest et du nord-ouest de l’Iran est occupée par les Ottomans.

Les interventions de la reine de l’Iran, la mère de Chah Abbas Ier, dans les affaires du pays et de l’armée a rendu la situation de plus en plus complexe. Elle préférait les Tadjiks (les Fars) aux Qizilbashs turcs. Cela montre la faiblesse et l’incompétence du roi safavide.

C’est ainsi que la situation de l’Iran devint catastrophique. Les Qizilbashs se révoltèrent et imposèrent au roi leur représentant Abbas. Le roi, incompétent, fut obligé d’accepter le règne de son fils, Abbas. L’Iran a connu ainsi l’un des souverains les plus forts de son histoire longue de plusieurs milliers d’années en la personnalité de Chah Abbas alors que ce dernier n’avait que 17 ans.

 

La personnalité de Chah Abbas  

La personnalité de Chah Abbas est complexe et pleine de paradoxes. C’était un roi intelligent qui se déguisait de différentes manières.

En tant que roi, il portait une tenue rouge, simple, avec une ceinture et un poignard doré, de telle sorte que ses habits étaient peu distincts de ceux des gens de cour.

Parfois, en se déguisant, il se fondait parmi ses sujets, ce qui lui permettait de connaître la situation réelle du pays.  Il ne se contentait pas des propos des vizirs et des gens de cour. En raison de ces particularités tenant à son tempérament, Chah Abbas fut surnommé l’homme aux mille visages.

Mais quelle était la cause de la personnalité complexe du Chah Abbas?

En étudiant la période et la vie de Chah Abbas avant son règne, nous pouvons comprendre que sa vie fut dure, ce qui eut un impact certain sur sa personnalité. Quand il vivait à Hérat (région à l’est de l’Iran) en tant que prince safavide, son père, ses frères et lui-même furent condamnés à être assassinés par ordre du troisième roi safavide. La vie de Chah Abbas, alors âgé de deux ans était donc en danger. Ali Quli Khan Shamloo avait été chargé par Chah Ismaïl II de tuer Abbas Mirza, mais il a refusé d’assassiner un petit enfant. Finalement, l’assassinat de Chah Abbas avant son avènement sur le trône n’a pas été réalisé, à cause de la mort de Chah Ismaïl II.

Chah Abbas régnait en tant que régent à Hérat sous la tutelle d’Ali Quli Khan Shamloo quand son père est devenu roi. Suite à la trahison d’un des agents d’Ali Quli Khan, ce dernier ainsi que Morched Quli Khan Ostajloo, gouverneur de Machhad, se sont opposés. Abbas Mirza, adolescent, prisonnier de Morched Quli Khan fut emmené à Machhad.

A la suite de la nouvelle attaque des Ouzbeks dont le commandant était Abdullah Khan Ouzbek, Morched Quli Khan qui croyait qu’après Hérat ce serait au tour de Machhad d’être conquise, partit vers Qazvin avec un nombre limité de personnes. Il occupa alors cette ville qui devint la capitale des Safavides et où Abbas fut couronné. A ce moment-là, le père de Chah Abbas était à Ispahan. Peu après, Khodabandeh quitta le pouvoir et accepta que ce soit son fils qui règne.

Chah Abbas détestait les Qizilbashs car c’était eux qui avaient tué sa mère Mahd-e Olia et de plus, il en avait assez d’être un jouet dans leurs mains car ils voulaient accéder au pouvoir. C’est pourquoi, il essaya de limiter leur pouvoir et il tua même son tuteur qizilbash.

Donc, nous pouvons considérer la personnalité de Chah Abbas comme un mélange de cruauté, d’opportunisme, de défiance, de sagesse, de tolérance, d’optimisme mélangé au pessimisme.

 

Les Safavides au comble de la gloire

Chah Abbas s’est trouvé confronté à une situation catastrophique au début de son règne. L’indocilité des Qizilbash, l’invasion des Ouzbeks et les attaques des Turcs mettaient en danger la sécurité du pays. C’est pourquoi Chah Abbas supprima les opposants Qizilbash, puis il les remplaça par des forces tcherkesses, caucasiennes et géorgiennes qui devinrent l’élément principal de l’armée iranienne. Les diverses actions de Chah Abbas avaient pour objectif la centralisation du gouvernement.

L’autre atout de Chah Abbas pour affaiblir les Qizilbash était la tribu Shahsavan (adorateur des Chahs) qui constituait la base des fidèles de Chah Abbas. Elle était toujours à ses côtés et ses membres étaient très doués du point de vue militaire.

Afin de maîtriser les affaires intérieures, Chah Abbas choisit Ispahan comme capitale en 1592. Il signa un traité provisoire de paix avec l’empire ottoman, car il ne pouvait pas faire la guerre en même temps sur le front de l’est avec les Ouzbeks et celui de l’ouest avec les Turcs.

 

Pour cette raison, il confia la gestion de Tabriz, Nakhitchevan, Şamaxi, Tbilissi et une partie du Lorestan à l’empire ottoman, ce qui lui permettait de se consacrer à la lutte contre les Ouzbeks qu’il vainquit en 1598.

En 1599, Chah Abbas arrive à Qazvin. Or, un groupe anglais composé de vingt-six personnes, spécialistes dans la construction des canons et des armes, ayant à leur tête deux frères de la famille Shirley, était venu dans cette ville et attendait l’arrivée du grand roi.

Le roi safavide les reçut chaleureusement, ce qui lui permit de consolider les relations de l’Iran avec les pays européens. A cette époque, l’Iran était l’ennemi des Turcs aux côtés des pays européens. Le Chah envoya Hossein Ali Beg, l’un d’ambassadeurs, accompagné de Sir Antony Shirley avec de nombreux cadeaux dans les différentes cours des pays européens.

Une question vient à l’esprit: pourquoi les Européens cherchaient-ils tant à être en relation avec l’Iran? Quelles étaient les causes principales de cette politique? La constitution de l’empire ottoman turc et musulman en 1922 sur une vaste étendue couvrant toute l’Anatolie (aujourd’hui la Turquie), l’Egypte, les Balkans et la péninsule arabique et contrôlant les eaux territoriales et des détroits importants comme le Bosphore et les Dardanelles entravait la communication des Européens avec l’Orient.

Les tensions causées par les empereurs ottomans pour conquérir l’Europe et leurs attaques jusqu’en Autriche ont sonné l’alarme pour les Européens. Le danger se concrétisait avec l’arrivée des Turcs aux portes de Vienne. C’est ainsi que les Européens commencèrent leurs relations avec ce voisin puissant et ennemi numéro un de l’empire ottoman, c’est-à-dire les Safavides. Les relations politiques et économiques liées à la route de la soie et à son exportation étaient un des aspects de ces relations, mais dans une moindre mesure. Les Européens les oublièrent d’ailleurs peu à peu.

 

Après la découverte du cap de Bonne-Espérance au sud de l’Afrique, les Européens atteignirent le Golfe Persique et les côtes de l’Inde. Les relations commerciales se développèrent, mais en fait, une conséquence importante fut l’occupation des îles et des côtes du sud du Golfe Persique entre autres Bandar Abbas, Ormuz, … par les Portugais.

Les Anglais entrèrent alors dans une compétition pour mettre fin à la domination portugaise. Cela aboutit à la colonisation, suite à l’inauguration de la compagnie britannique des Indes orientales et de la compagnie néerlandaise des Indes orientales.  La cause de tous ces problèmes était l’empire ottoman.

Cet empire, par sa situation stratégique, troublait les relations des nations européennes avec l’Orient. De plus, les Européens, inquiets du bellicisme de l’empire ottoman, se rapprochèrent des Safavides. On peut citer comme exemple, les relations qui se nouèrent alors entre l’Angleterre et l’Iran.

Actuellement, on peut voir des dessins représentant des ambassadeurs et des gens de cour européens venus voir le roi dans son palais de Chehel Sotun ou Palais des Quarante colonnes à Ispahan. Le palais d’Ali Kapu sur Naqsh-e Djahan était le lieu des rencontres avec Chah Abbas. Mais pour lui, quel était le sujet intéressant concernant les demandes des ambassadeurs?

Chah Abbas a sciemment lancé la réforme de l’armée iranienne. Au début de la bataille contre les Ouzbeks, Chah Abbas avait dû concéder à l’empire ottoman les régions de l’ouest et du nord-ouest de l’Iran, il avait donc besoin d’une armée puissante afin de les récupérer, une armée équipée d’armes à feu capables de faire face à l’armée ottomane. C’est pourquoi Chah Abbas poursuivit une politique de rénovation de l’armée avec le concours des Anglais.

Les frères Shirley s’engagèrent pour construire des canons et des fusils. L’armée iranienne fut munie de cinq cents canons et d’une grande quantité de fusils. Etant donné l’importance du contrôle sur le Golfe Persique d’un point de vue commercial, ainsi que de l’océan Indien et de la mer d’Oman, les gouvernements néerlandais et espagnol entrèrent en jeu.

Charles I, roi d’Espagne et Louis II, roi de Hongrie furent les premiers rois européens à proposer leur alliance aux rois safavides. Le pape Clément VIII écrivit même une lettre au souverain iranien pour lui demander de participer à une action commune contre l’ennemi le plus dangereux, c’est-à-dire l’empire ottoman. Mais l’Espagne qui dominait le Portugal ne tint pas parole et Chah Abbas lui en voulut.

Après la victoire de Chah Abbas contre l’empire ottoman en 1608, l’attention de Chah Abbas s’était concentrée sur le Golfe Persique. Il envoya un agent pour négocier avec la compagnie britannique des Indes orientales l’utilisation des navires anglais afin de faire la guerre contre les Portugais. Ceci aboutit à la prise de l’île d’Ormuz en 1621.

Les Portugais qui dominaient les îles de Qeshm et d’Ormuz, virent leurs forteresses anéanties par la volonté de Chah Abbas et ils furent obligés de quitter les côtes du Golfe Persique.

Ispahan, la moitié du monde

Ispahan a été choisie comme capitale de l’Iran sous Chah Abbas (cinquième roi safavide) et c’est sous son règne qu’elle a atteint le sommet de sa gloire. Selon une idée répandue dès l’Antiquité, le roi de Perse, puis de l’Iran, était le roi du monde et sa capitale, reliant l’Occident et l’Orient, était le centre du monde. Cette réputation devait donc se concrétiser pour lui par des projets architecturaux grandioses. Cela aboutit à la construction de la place Naqsh-e Djahan, y compris la grande mosquée de Cheikh Lotfollah qui était le lieu de culte privé du Chah. La mosquée de l’Imam est une confirmation de l’attachement des Safavides au chiisme.

Ali Kapu, situé sur la place Naqsh-e Djahan, était le palais spécifique de Chah Abbas Ier et le lieu de rencontre du Chah et du peuple, ce qui justifiait la présence de commerçants anglais, hollandais, portugais, arabes, turcs, juifs, arméniens, russes, indiens et autres dans le bazar d’Ispahan. La rue et l’école Chahar Bag (Les Quatre Jardins) sont proches du palais Chehel Sotun.

On appelait cette rue ainsi car il y avait, à ses alentours, quatre jardins achetés par Chah Abbas et transformés en résidence de la famille royale, harem du roi et lieux de séjour des ambassadeurs étrangers.

L’autre monument était le pont Si-o Seh Pol sur le Zayandeh-rud, une rivière qui prend sa source dans les montagnes Zagros à l’ouest de l’Iran, arrive au centre du pays et traverse Ispahan. Ce pont a embelli la ville. Pol-i Allah Verdi Khan (Si-o Seh Pol), Pol-i Khadju et Marnan étaient les trois ponts construits sur le Zayandeh Rud. Les touristes parlent de Pol-i Allah Verdi Khan, comme du pont le plus beau du monde.

Mais pourquoi Chah Abbas a-t-il choisi Ispahan comme capitale? Il faut mentionner que Chah Abbas portait un grand intérêt aux pensées antiques de la Perse qui envisageaient l’Iran comme le centre du monde. La situation centrale de la ville d’Ispahan dans le pays était donc importante.

Le dessin de la cheminée (lieu du feu) était un symbole religieux présent sur les monnaies sassanides, il fut transformé en minaret et a été utilisé dans la construction des mosquées de la place Naqsh-e Djahan (Mosquée de Cheikh Lotfollah et mosquée de l’Imam) à Ispahan. Ce symbole évoque à la fois le lieu du rassemblement des monothéistes zoroastriens et des fidèles musulmans.

Afin de développer Ispahan et d’augmenter la population de cette ville, Chah Abbas a déplacé des Arméniens de la ville de Djolfa, une ville située en Azerbaïdjan, à Ispahan. C’est pourquoi le quartier des Arméniens d’Ispahan s’appelle Djolfa. Un des objectifs de Chah Abbas était la construction d’un centre du commerce de la soie et d’une route des caravanes des commerçants de la soie d’Ispahan à Bandar Abbas et au golfe Persique.

L’architecture, la calligraphie, le tissage de tapis, les textiles et la soie étaient les arts dominants de cette période. La compétence des architectes iraniens et la finesse de leurs œuvres s’illustre parfaitement dans les monuments de la place Naqsh-e Djahan.

Cheikh Bahai était un mystique, érudit chiite et grand ingénieur de la période de Chah Abbas. Il était expert dans de nombreux domaines: astrologie, géométrie, architecture, … Ses réalisations lors de la construction d’Ispahan furent étonnantes. La mosquée de l’Imam d’Ispahan et les Minar Jonban (Minarets tremblants) sont ses principaux chefs-d’œuvre. Ces derniers sont une des merveilles de l’architecture mondiale car, si vous secouez l’un des deux minarets, l’autre se met à trembler. Cheikh Bahai a également construit un hammam (bain) dont le système de chauffage est constitué par une bougie.

Les tapis de cette période sont d’un style nouveau, tant par le plan que par les couleurs. Des arabesques et des motifs floraux, ainsi que des dessins d’animaux sont représentés. Ils sont fabriqués en laine ou en soie.

La calligraphie était en vogue sous Chah Abbas. Parmi les grands calligraphes de cette période, on peut mentionner Reza Abbassi. C’est lui qui a décoré les colonnes et le plafond des pavillons du jardin Bagh-e Fin de Kashan. Mir Emad était un autre calligraphe de la période safavide de renommée mondiale.

 

Ispahan vu par les touristes et les auteurs de récits de voyage européens

Les récits de voyage de la période safavide étaient tout à fait différents de ceux des périodes antérieures. La splendeur d’Ispahan en était la cause. Les touristes célèbres de cette période étaient: Pietro Della Valle, Jean Chardin, Jean-Baptiste Tavernier, Engelbert Kaempfer, Adam Olearius, Nicolas Sanson, García de Silva,…

La plupart de ces touristes parlaient de la grandeur d’Ispahan, de sa prospérité, de ses caravansérails, de ses bazars, de la place Naqsh-e Djahan, de la rue Tchahar Bag, des commerces, …

 

L’économie et la politique monétaire au temps des Safavides

La plus importante action de Chah Abbas pour améliorer l’économie a été le rétablissement d’une monnaie unifiée dans tout le pays, appelée « abbassi », elle contenait 4,6 grammes d’argent. Malgré cela, une question s’impose: pourquoi des activités économiques courantes comme le commerce avec l’étranger, les taxes et d’autres revenus gouvernementaux n’ont-elles pas eu pour conséquence un développement économique?

On peut dire que, malgré le commerce avec des pays européens et les réserves d’or existant à ce moment-là, les Safavides ne contrôlaient pas ces sources de richesse. Les commerçants indiens exportaient de la soie d’Iran, mais le taux des taxes douanières étant bas, l’Iran en tirait peu de bénéfices. C’étaient eux également qui vendaient cette soie iranienne aux Européens.

Les terres voisines de la Méditerranée appartenant à l’empire ottoman, n’étaient pas accessibles pour le commerce de la soie, ce qui constituait encore un handicap pour l’économie. Pour remédier à ce problème, le commerce de la soie s’effectuait par le Golfe Persique, mais la piraterie et le brigandage sévissaient.

Un autre problème économique était le désaccord entre les Safavides et les Européens sur le prix des produits commerciaux échangés comme les épices, la soie… Aussi la balance commerciale avec l’étranger était-elle déficitaire, autre élément de la détérioration économique des Safavides. L’occupation militaire des îles iraniennes constituait aussi un élément économique négatif qu’il faut mentionner.

Les corporations souffraient de cette situation dans laquelle la production de biens, malgré les excédents et les revenus obtenus n’aboutissait pas à des profits stimulant le développement économique.

Les corporations avaient pour mission l’amélioration des moyens de la production et l’obtention de surplus. Etant publiques, elles auraient pu influer sur le développement économique. Bien que les fonctions politiques des corporations aient été prises en considération, leur rôle principal, c’est-à-dire économique, était négligé. En tant qu’intermédiaires entre le gouvernement et le peuple, c’était les corporations qui définissaient les sources de la richesse et les impôts à prélever.

La politique étrangère de Chah Abbas

La politique commerciale formait l’essentiel de la politique étrangère de Chah Abbas. L’exportation de la soie monopolisée par Chah Abbas a rendu nécessaire l’instauration d’une monnaie. Les réserves garantissant cette monnaie étaient constituées, non par de l’or ou de l’argent, mais par de la soie.

Chah Abbas qui avait donné les provinces du nord-ouest aux Turcs, a poursuivi la guerre contre l’empire ottoman. La présence des frères Shirley était importante et la conquête des provinces du nord-ouest jusqu’en Géorgie, a augmenté la production de la soie car ces régions étaient favorables à la culture des mûriers. Chah Abbas avait bien compris quels étaient les besoins économiques du pays. Mais les routes vers la Méditerranée étaient toujours fermées et donc, le commerce maritime avec l’Europe devait s’effectuer par le Golfe Persique.

Chah Abbas était obligé d’attirer les Européens vers le Golfe Persique pour faire du commerce par l’océan indien. Etre en relation avec des Européens était une priorité. Chah Abbas avait compris qu’il devait s’attirer la confiance du pape pour que les Européens lui apportent leur soutien.

Pour cela, il envoya, comme nous l’avons déjà dit, des émissaires avec à leur tête Sir Antony Shirley et Hossein Ali Beg Bayat. Mais ils étaient impuissants en ce qui concernait la guerre turco-persane et Chah Abbas se plaignait de cette situation auprès des Européens.

Chah Abbas soutenait la compagnie commerciale anglaise. Ainsi, les Européens se trouvaient près du Golfe Persique. C’est alors que Chah Abbas vainquit les Ottomans en 1608. Il put alors se concentrer sur son ancien ennemi, les Portugais. Il eut une idée de génie: en octroyant des avantages douaniers et commerciaux aux Anglais, il pourrait obtenir l’aide de leurs navires. Les avantages concédés par Chah Abbas aux Anglais étaient: l’exemption des péages, des droits de douane à l’importation et l’immunité judiciaire. Ainsi, grâce à cet accord militaire, les Iraniens attaquèrent les îles de Qeshm, d’Ormuz et les forteresses des Portugais par la terre et les Anglais par la mer. Cette partie de l’Iran se trouva libérée.

Chah Abbas consentit beaucoup d’avantages aux Anglais, mais seulement dix pour cent des taxes douanières. Il réussit à les dissuader de bâtir des fortifications dans les îles du Golfe Persique, mais comment y parvint-il? Analysant la situation politique, il envoya Moussa Beg aux Pays-Bas en 1622, preuve de son intuition économique et politique. Il introduisit ainsi une seconde force dans la région du Golfe Persique pour rétablir l’équilibre économique et politique.

 

Le christianisme, les missionnaires chrétiens, les Arméniens

La présence des missionnaires chrétiens en Iran a été l’une des causes ayant conduit Chah Abbas à signer des accords avec les Européens. Ces missionnaires étaient autorisés à diffuser leur religion et à bâtir des églises. A ce moment-là, les Etats européens avaient des problèmes entre eux et il n’y avait pas d’alliances en Europe contre l’empire ottoman.

Chah Abbas voulait aider les missionnaires dans leurs tâches. C’est pourquoi ces derniers ont pu s’établir en Inde et en Iran.

Le commerce avec l’étranger était contrôlé par les Arméniens, en particulier celui de la soie. Ce fut la source principale de la richesse de la trésorerie royale.

Pourquoi les Arméniens ont-ils remplacé les commerçants iraniens pour le commerce de la soie avec les Européens? Mis à part les mauvais comportements des Iraniens lors des négociations, les Arméniens étaient persévérants, intelligents du point de vue économique, de plus ils connaissaient les langues étrangères et ils étaient chrétiens, ce qui favorisait le commerce avec les Européens.

Les Arméniens étaient habiles pour contourner les règles financières et malgré les ordres du roi, ils faisaient entrer et sortir des sommes d’argent illégalement. Ils jouissaient de tellement de liberté qu’ils construisirent une église, intitulée Vank ou cathédrale Saint Sauveur, dans le quartier de Djolfa. En plus, l’église Saint Thaddée (église noire) jouait un grand rôle pour les Arméniens, parce que le pèlerinage vers cette église était comparable à celui des musulmans vers la Kaaba à la Mecque. La cause en était l’existence du tombeau de Saint Thaddée, l’un des apôtres du Christ. C’est l’une des plus anciennes églises du monde située en Azerbaïdjan, au nord-est de l’Iran.

 

Les réformes religieuses au temps de Chah Abbas 

La liberté religieuse et la tolérance envers les chrétiens venus en Iran après les accords signés par Chah Abbas avec les Européens, ont eu une influence bénéfique, tant sur le plan religieux qu’économique, dans les relations avec ces pays européens. D’autre part, une décision capitale fut prise par Chah Abbas consistant en l’instauration du chiisme en tant qu’élément unificateur de l’identité nationale. Il faut donc étudier les antécédents du chiisme en Iran et la réaction de la population au début du règne des Safavides.

 

  • Les antécédents du chiisme au début du règne des Safavides:

Au début du règne des Safavides, le sunnisme était la religion dominante de l’Iran. L’une des causes de l’apparition et du développement du chiisme en Iran a été l’émergence du sunnisme duodécimain dès le XIIIe siècle. Ainsi le nom des imams s’était répandu et on commençait à les révérer. Durant les XIIIe et XIVe siècles, le soufisme attirait tous les courants religieux de l’Iran et de tous les pays musulmans. Parmi les soufis iraniens, beaucoup étaient adeptes du chiisme. Il faut préciser que les chiites ne divulguaient pas leur appartenance religieuse à leurs concitoyens, pour ne pas subir leur pression.

Après la chute des Abbassides provoquée par les Ilkhan, la tolérance religieuse se répandit en Iran. L’islam sunnite périclita et les différends religieux prirent fin.

Pendant la période qui suivit la chute des Abbassides en 1258, il n’y eut aucune trace d’œuvres sunnites. Le soufisme tant sunnite que chiite était alors répandu. Certains rois ilkhans choisirent le chiisme. En raison de la tolérance de ces derniers, les chiites commencèrent à propager librement leur foi.

Les soufis entretenaient de bonnes relations avec les imams chiites. C’est pourquoi, peu à peu, le soufisme se rapprocha du chiisme. Il existait plusieurs points communs à ces deux doctrines: le modèle de l’imamat, du gouvernement et les principes moraux. On retrouve d’ailleurs des récits d’imams chiites dans les écrits soufis.

On ne peut nier que le soufisme influençait le chiisme et réciproquement. Les propos des imams chiites contenaient des sujets mystiques, ce qui favorisa la transition du soufisme sunnite vers le soufisme chiite. Kadjeh Ali, grand soufi et ancêtre des rois safavides, était proche du chiisme, sans pour autant y adhérer. Cheikh Heidar, autre grand soufi et père du fondateur de la dynastie safavide, avait donné à ses disciples l’ordre de porter un bonnet avec douze plis, en référence aux douze imams chiites. Ils sont connus sous le nom de Qizilbash.

En étudiant l’histoire des débuts de la dynastie safavide, nous remarquons un fait très important. En 1523, le fondateur de la dynastie safavide subit une défaite face au sultan Sélim à Tchaldiran. Cela remit en cause la divinité du roi safavide. C’est à cette période qu’apparaît la méfiance et le rejet des croyances safavides et des idéaux des Qizilbach. Toutefois, le fondateur de la dynastie safavide réussit à donner une sorte de légitimité au chiisme duodécimain.

C’est ainsi que le chiisme supplanta le soufisme (le sunnisme?). Les rois safavides prétendirent que le septième imam chiite était leur ancêtre et ainsi ils se sont attribué une légitimité religieuse, pour finalement, se présenter comme les délégués du Mahdi (douzième imam chiite, occulté en 870, qui reviendra à la fin du monde).

 

  • Chah Abbas Ier et le chiisme:

Les idées des Safavides sur le savoir, le pouvoir et la politique sont remarquables et cohérentes, tout comme au moment des Sassanides où la religion était intrinsèquement mêlée au politique. Sous les Safavides, c’était le soufisme qui était la source de la légitimité. Toujours on insistait sur le soufisme du fondateur de cette dynastie et la situation de ses aïeux pour rendre légitime leur règne. Les rois safavides insistaient sur le hikmat khosrovani et la magnificence divine, idéologie selon laquelle le roi était l’ombre de Dieu.

La notion de l’homme parfait était très importante. Le roi était l’homme le plus parfait du point de vue intellectuel et spirituel. Il exécutait les ordres de Dieu et constituait donc l’élément essentiel de la stabilité du pouvoir des Safavides. La solidité du pouvoir était ainsi fondée sur ces idées métaphysiques. En fait, cela correspondait à la philosophie du chiisme.

En conséquence, les écoles religieuses qui répandaient et expliquaient la philosophie chiite se développèrent dans tout le pays.

Des philosophes comme Molla Sadra, Mir Damad, Cheick Bahai contribuèrent au développement de la philosophie chiite à l’époque de Chah Abbas qui respectait les sages chiites.

Le soufisme fut finalement considéré comme dangereux et nocif par les rois safavides et Chah Abbas en particulier. Cela peut paraître surprenant, alors que leur origine était soufie.

Les sectes soufies étaient majoritairement sunnites et par là même mettaient en cause la légitimité des rois safavides dont le pouvoir venait du chiisme. Ces sectes étaient ennemies du chiisme et des pensées chiites. En fait, la tolérance de Chah Abbas envers ces sunnites pouvait mettre en danger la solidarité nationale, car cela pouvait être considéré soit comme un acte contre le chiisme, soit un acte en faveur des Turcs ottomans sunnites. C’est pourquoi Chah Abbas a essayé de consolider le chiisme et de faire disparaitre les pensées soufies.

De plus, Chah Abbas ne se contentait pas de consolider le chiisme, mais aussi le hekmat khosrovani, c’est-à-dire les pensées mystiques et philosophiques de la Perse antique. Ainsi, la cérémonie de Norouz et  celle de la salutation au roi au commencement de l’année montraient la solidarité nationale autour d’un roi autoritaire.

Mais le message de la magnificence divine, issue des pensées philosophiques et mystiques de la Perse antique, est basé sur cette idée que le roi est l’ombre de Dieu, autrement dit qu’il est exempt de toutes fautes et erreurs et que c’est Dieu qui le guide. C’est aussi la caractéristique des imams chiites. S’inspirant de ces deux principes, Chah Abbas entendait donner à son règne un aspect saint. Il voulait se rapprocher des imams chiites, ce qui justifie son comportement lors des cérémonies d’Achoura commémorant le martyre de l’imam Hussein (troisième imam chiite) ou sa marche d’Ispahan à Machhad où se trouve le mausolée du huitième imam chiite Reza. Il se choisit le surnom de «chien de l’imam Reza» (huitième imam chiite), cherchant ainsi à donner un caractère saint à son règne.

A cette époque, les savants du Jabal Amel, région chiite du sud Liban, étaient au service des Safavides. Ils écrivaient des livres pour ces derniers, ce qui provoqua l’immigration de savants religieux des pays voisins de la dynastie safavide coïncidant avec un événement historique important au sein de l’empire ottoman. Mais quel était cet événement?

Sous Sélim Ier, la répression contre les groupes chiites actifs au Liban qui faisait alors partie de l’empire ottoman était violente. Cela aboutit à l’émigration de savants chiites vers le royaume safavide. L’un de ces savants ayant trouvé refuge chez les Safavides était Karaki. Ce dernier fournit les arguments religieux qui justifiaient l’établissement d’un état religieux par les Safavides.

La prière du vendredi permettait de diffuser cette idée. Durant ces prières, le roi safavide était présent et comme le clergé, il portait un turban. La seule différence avec celui des clergés était qu’il était décoré de joyaux.

Pourquoi cette dynastie safavide est-elle si importante dans l’histoire de l’Iran et même du monde?

Elle est sans aucun doute la première dynastie nationale puissante de l’histoire de l’Iran. Elle a réussi à conserver l’intégralité du pays et même à l’augmenter par rapport à celui des Sassanides. De plus, le pays est sorti du régime féodal et ce fut la fin du règne d’un non-iranien.

Un élément incontestable ayant renforcé la solidarité nationale a été l’unité religieuse autour du chiisme, religion d’état. Les Safavides se sont éloignés des sunnites. Deux cent cinquante ans avant l’arrivée au pouvoir des Safavides, c’était le calife de Bagdad qui était le leader spirituel du monde sunnite. L’effondrement de ce califat après l’attaque des Mongols favorisa l’émergence d’un gouvernement chiite indépendant.

L’identité nationale s’est ainsi trouvée renforcée avec une terre commune, des intérêts économiques, politiques et sécuritaires identiques, une monnaie unique, un gouvernement commun, les mêmes droits…

L’Iran a acquis, à cette période, une unité géographique, politique et sociale. L’amour de la patrie et la préservation de l’identité nationale ont donné naissance à l’identité humaine de la société iranienne. L’identité nationale prit corps à travers la langue, la culture ancestrale, les coutumes, les rites religieux et le comportement de ses habitants.

Certains ont pu critiquer le fait que la culture iranienne ait fait des emprunts à d’autres cultures. Mais les relations entre les rois safavides et les monarques des Etats européens sont la preuve que cette civilisation iranienne était reconnue et appréciée en tant que telle, avec ses spécificités, ses points de vue, sa pensée, au détriment de celle de l’empire ottoman.

L’empire ottoman était un ennemi qui cherchait à agrandir son territoire. La majeure partie des soldats turcs étant groupés le long de la frontière avec l’Iran, il s’est trouvé dans l’incapacité de garder ses territoires européens.

La stabilité relative sous le règne des Safavides en Iran a offert la tranquillité aux Iraniens pour une période d’environ deux siècles et demi. Les guerres de Chah Abbas contre les Ouzbeks à l’est et au nord-est, contre les Ottomans à l’ouest et au nord-ouest et contre les Portugais au sud de l’Iran ont permis de libérer le pays. Le nom de Bandar Abbas au sud de l’Iran a pour origine le nom de Chah Abbas, en souvenir de la victoire contre les Portugais qui se trouvèrent chassés du Golfe Persique.

Directement ou indirectement, la dynastie safavide a joué un grand rôle sur mer et sur terre, aux quatre coins du monde et particulièrement en Asie. Elle a libéré l’Occident de l’emprise politique et religieuse des Turcs. De sorte que l’on peut dire que les Safavides eurent une influence que l’on peut qualifier de mondiale.

 

 

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Rédacteur

Ali SHAHZADI

Titulaire de master en histoire d'Iran

Fatemeh Hosseinpour
Traductrice

Fatemeh Hosseinpour

Titulaire d'un master de français

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