Résumé

La situation sociale des femmes en Perse est étroitement liée aux conditions politiques et sociales de l’Iran ancien. La Perse a été l’un des plus anciens centres de la vie humaine. Malheureusement les documents permettant de connaître la situation des femmes et même celle des hommes en Iran aussi bien que dans d’autres parties du monde sont quasi inexistants.

En général, l’étude des premières sociétés humaines et des diverses nations n’est possible que grâce à l’étude des objets et outils découverts, ainsi que des traces de la vie des êtres humains à ces périodes.Cet article nous offre une vue générale sur la situation des femmes en Iran préislamique via une étude historique et archéologique des objets et peu de documents qui nous sont arrivés.

Femme dans la période préhistorique

Près de dix mille ans avant J.C, des changements climatiques en Iran eurent lieu et les hommes qui vivaient dans des cavernes se mirent à construire des maisons. Au cours de cette période, la famille fut le centre du pouvoir de la tribu. Les femmes travaillaient dans la maison et elles coopéraient aussi avec leur époux à l’extérieur pour faire vivre la famille.  De fait, naturellement chargées de la procréation et donc du renouvellement des générations, les femmes devinrent plus importantes que les hommes et l’équilibre du pouvoir pencha en leur faveur.

Will Durant, philosophe et historien américain, a écrit à ce sujet: «A l’époque du matriarcat, la femme détenait la souveraineté, c’est elle qui jugeait, gérait les affaires de la maison et distribuait la nourriture et tout ce qui était nécessaire à la vie. L’homme était chargé de la chasse des animaux dans les forêts, puis il confiait les aliments à sa femme pour qu’elle les distribue entre les gens de la tribu.

Roman Ghirshman: «Dans le panthéon des iraniens il y avait une Déesse mère qui était adorée dans les différentes régions de l’Iran.» Ghirshman a estimé que cette femme était une divinité des nations asiatiques, laquelle était adorée de l’Asie mineure à la ville de Suse et il est probable que l’adoration de la déesse Anaïtis ou Anahid qui aura cours plus tard, tire son origine de cette période.

La différence qui existe aujourd’hui concernant la force physique des hommes et des femmes n’était pas visible à cette époque. Plus tard, cette différence apparaîtra, liée aux conditions de vie et à l’environnement. A cette période-là, non seulement la femme n’était pas inférieure à l’homme du point de vue de la taille et de la force physique, mais elle était même très forte, elle pouvait travailler durement et de longues heures et lors d’attaques ennemies, elle se battait jusqu’à la mort pour défendre sa tribu et ses enfants.»

Will Durant : «A l’époque du matriarcat, la femme détenait la souveraineté, c’est elle qui jugeait, gérait les affaires de la maison et distribuait la nourriture et tout ce qui était nécessaire à la vie. L’homme était chargé de la chasse des animaux dans les forêts, puis il confiait les aliments à sa femme pour qu’elle les distribue entre les gens de la tribu.»

Roman Ghirshman, archéologue et historien français, dans le débat sur les hommes préhistoriques en Iran, parle du rôle des femmes dans l’émergence de la civilisation primitive et il écrit: «Dans cette société primitive, les tâches difficiles avaient été confiées aux femmes. Par conséquent, une sorte de déséquilibre entre les tâches des hommes et celles des femmes apparut et la femme obtint une position supérieure.» Garder le feu, protéger la maison, préparer les repas, fabriquer des pots en céramique et garder les enfants firent que les femmes, de fait, assumaient la responsabilité de gérer les affaires de la tribu et non les hommes. Dans le même temps, c’était le nom de la femme qui était donné à la famille. Ainsi, on peut parler d’un régime matriarcal sur le plateau de l’Iran à cette époque. Ultérieurement, ce système entra dans les mœurs des Aryens.

Roman Ghirshman: «Les tâches difficiles avaient été confiées aux femmes : Garder le feu, protéger la maison, préparer les repas, fabriquer des pots en céramique et garder les enfants firent que les femmes, de fait, assumaient la responsabilité de gérer les affaires de la tribu et non les hommes.»

Outre le leadership social et économique, les femmes détenaient aussi l’autorité spirituelle. Les Iraniens, comme leurs voisins, avaient dans leur panthéon la Déesse mère qui était adorée dans les différentes régions de l’Iran. Parmi les objets découverts au Lorestan (ouest et sud-ouest d’Ispahan), se trouve une statue représentant le visage d’une femme.

Ghirshman a estimé que cette femme était une divinité des nations asiatiques, laquelle était adorée de l’Asie mineure à la ville de Suse et il est probable que l’adoration de la déesse Anaïtis ou Anahid qui aura cours plus tard, tire son origine de cette période. La civilisation élamite qui se développa à l’ouest du plateau de l’Iran est l’une des plus anciennes civilisations humaines. Par conséquent, cette civilisation de l’Elam dont on avait peu de sources avant les fouilles dans la ville de Suse, fut mieux connue grâce aux travaux de Jane et Marcel Dieulafoy ainsi que de Jacques de Morgan, explorateurs et archéologues français et d’autres orientalistes. Cela permit de mieux connaître l’histoire et la civilisation de l’Elam.

A partir du IVème millénaire avant J.C, sur un territoire correspondant au Khuzistan, au Lorestan, au Pushtekuh et aux montagnes de Bakhtiari, le gouvernement de l’Elam se développa. Les habitants appelaient leur gouvernement Anzan ou Anshan et ils utilisaient une écriture cunéiforme constituée de trois cents signes ressemblant à l’écriture sumérienne. La statue d’une reine découverte dans cette contrée montre la situation sociale des femmes en ce temps-là, elle est conservée aujourd’hui au musée du Louvre à Paris. Selon les archéologues, cette reine régnait sur les Aryens qui vivaient dans les régions de l’Elam et les monts Zagros jusqu’à la ville de Kermânchâh.

Un autre des plus anciens lieux de vie des Elamites Tepe Sialk, est situé près de Kashan. De multiple traces de la civilisation matriarcale ont été trouvées. Plusieurs fuseaux ont été exhumés lors des fouilles dans ce site archéologique de Sialk, ce qui prouve que, près de quatre mille ans avant J.C, les femmes pratiquaient le tissage. La découverte d’objets ornementaux comme des colliers, des bracelets et des bagues en coquillages, en argile ou en pierre nous montre que les femmes de ce temps aimaient se parer et avaient un sens esthétique développé.

Pendant cette période qui est parmi les plus brillantes, la construction des maisons en briques crues était fréquente; les motifs décoratifs sur les murs étaient réalisés par les femmes. La femme avait un rôle décisif non seulement dans la société, mais aussi dans la vie religieuse. C’est ce que l’on peut découvrir sur des pots en argile découverts sur le site de Sialk près de Kâchân représentant des femmes faisant des danses religieuses particulièrement artistiques.

La découverte d’objets ornementaux comme des colliers, des bracelets et des bagues en coquillages, en argile ou en pierre nous montre que les femmes de ce temps aimaient se parer et avaient un sens esthétique développé.

Les objets trouvés à l’occasion des fouilles archéologiques effectuées dans les autres sites d’Iran tels que Persépolis, Tepe Arsanjan, Cheshmeh-Ali situé à Shahr-e-Ray et à Suse, montrent parfois des femmes qui dansent, revêtues de belles robes. Aujourd’hui dans les régions de sud, du centre et de l’ouest de l’Iran, ces danses sont toujours pratiquées. En outre, on a découvert des statues de femmes visiblement des princesses, des reines ou des déesses montrant le statut social qu’elle pouvaient avoir à cette époque.

 

Le statut juridique et social des femmes de l’immigration des Aryens vers l’Iran jusqu’à la période des Achéménides

 Selon Roman Girshman, au début du premier millénaire avant J.C, deux événements importants eurent lieu, à savoir l’immigration des nations indo-européennes en Inde, en Iran et en Europe et aussi la découverte et l’utilisation du fer des montagnes du nord et de l’est de l’Asie centrale, ainsi qu’au nord, à l’est et à l’ouest de l’Iran.

Ces événements eurent une incidence considérable sur la vie sociale des habitants d’Asie occidentale. Les Aryens qui avaient montré à plusieurs reprises leur pouvoir et leur audace vivaient dans cette région. Les Aryens d’Iran se divisaient en différentes tribus dont les plus importantes étaient les Mèdes à l’ouest, les Parthes à l’est et les Perses au sud.  Les Mèdes avaient des liens forts avec la civilisation avancée de la Mésopotamie, leur culture et leur civilisation s’étendaient jusqu’au sud de la Russie et au Turkménistan.

Femme sous les Mèdes et les Perses

Il y a encore cent ans, on ne disposait que des écrits des historiens grecs pour connaître l’histoire des Mèdes. A la suite de travaux d’historiens et de fouilles, des milliers de documents écrits et d’œuvres précieuses ont été déterrés. Bien que ces textes ne soient pas en rapport direct avec l’histoire des Mèdes, mais racontent l’histoire de Babel et d’Assur et d’autres pays du Proche-Orient, on a un éclairage indirect sur leur histoire.  En effet, les Mèdes, peuple aryen divisé en tribus, a réussi, en s’unissant, à battre le grand empire assyrien et à libérer plusieurs tribus du joug de la servitude.

Après l’établissement de la dynastie des Mèdes à l’ouest de l’Iran, peu à peu un régime patriarcal se substitua au régime matriarcal. Néanmoins, les femmes étaient toujours chargées de l’agriculture et les hommes leur accordaient beaucoup d’importance. La dynastie perse des Achéménides succéda aux Mèdes. La reine Mandane, mère de Cyrus II et fille d’Astyage, le dernier roi mède, exerça une influence incontestable sur la passation du pouvoir à son fils Cyrus II dit le Grand. Sous les Mèdes, la femme parvenait encore à diriger la tribu et à juger, il existait encore des traces du système matriarcal.

Igor Diakonoff, orientaliste russe, dans ses recherches sur l’histoire des Mèdes, a écrit: «La période matriarcale se termina avec l’extinction de la dynastie mède et durant le gouvernement achéménide, l’homme et la femme jouissaient de droits égaux.» Conformément aux écrits de Diakonoff qui les cite lui-même de Ctésias, historien grec, la fille et le beau-fils du roi dans le gouvernement mède pouvaient légalement être héritiers du trône. Lorsque le système patriarcal remplaça le système matriarcal dans la société des Mèdes, la position sociale de la femme ainsi que ses droits dans la famille ne lui furent pas totalement enlevés, mais ses autres pouvoirs se réduisirent.

Après l’établissement de la dynastie des Mèdes à l’ouest de l’Iran, peu à peu un régime patriarcal se substitua au régime matriarcal. Néanmoins, les femmes étaient toujours chargées de l’agriculture et les hommes leur accordaient beaucoup d’importance. La dynastie perse des Achéménides succéda aux Mèdes. La reine Mandane, mère de Cyrus II et fille d’Astyage, le dernier roi mède, exerça une influence incontestable sur la passation du pouvoir à son fils Cyrus II dit le Grand.

Selon les recherches des archéologues, les vêtements de la femme mède étaient peu différents de ceux des hommes et elle n’était pas voilée.  Puisque Astyage n’avait pas d’enfant masculin, sa fille Mandane fit monter sur le trône son fils Cyrus. Mandane fonda des écoles dans lesquelles les garçons perses de l’âge de son fils apprenaient le tir à l’arc, la course de chevaux et les techniques de combat.

En outre, Mandane lui apprit à distinguer le juste de l’injuste. Le respect profond dont faisait preuve Cyrus vis-à-vis de sa mère était le reflet de l’importance qu’il lui accordait et de sa prise en compte de l’idée de justice qu’elle lui avait transmise. C’est pourquoi Plutarque écrivit à ce propos que c’étaient les femmes qui avaient joué le rôle le plus important dans la victoire de Cyrus contre Astyage.

Selon les croyances zoroastriennes, Ahura Mazda souffla dans le corps de Mašyā (masculin) et Mašyānē (féminin) l’esprit qu’il avait créé par avance et ils devinrent vivants. Dans la religion de Zoroastre, les femmes et les hommes sont totalement égaux du point de vue de leur création, ils sont en effet de même nature. Ils sont sur un pied d’égalité du début à la fin de leur vie. Selon cette croyance religieuse, lorsque Saoshyant, le sauveur suprême, apparaitra à la fin du monde à l’est de l’Iran, autour du lac Hamoun, les croyants et les purs le rejoindront de tous les coins de l’Iran. Ils seront trois milles dont la moitié sera composée d’hommes et l’autre moitié de femmes.

En plus, dans cette religion, parmi les six Amesha Spenta ou Immortels saints, trois ont un prénom masculin et les trois autres un prénom féminin.

Par exemple, après la mort d’un être humain, à l’aube du quatrième jour, sur le pont de Chinvat (le pont du trieur), Mithra, Sraosha et Rashnu interrogent son esprit sur les actes qu’il a fait dans le passé. Mithra et Sraosha font partie des Yazatas masculins et Rashnu est du nombre des Yazatas féminins. En outre, Dina (la conscience et la religion) est une femme qui collabore avec Rashnu.

Cista (la connaissance et la sagesse) est aussi du genre féminin. Zoroastre a demandé plusieurs fois de l’aide à ce Yazata. L’autre Yazata féminine s’appelle Ashi, la déesse du don et de la clémence. Zoroastre l’adore dans les Gathas en disant: «Le monde prit l’habitude d’adorer son dieu et Ahriman choisit de partir.»

En Perse, les zoroastriens ne se mariaient pas seulement pour satisfaire des besoins charnels et sexuels, ils le faisaient dans un but élevé. L’objectif était de fournir des humains chargés de faire progresser les valeurs spirituelles et d’assurer, in fine, la victoire totale du bien sur le mal. Le mariage était un rouage essentiel, ce que l’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des religions.

Christensen: «Dans l’Iran ancien, les hommes traitaient leurs femmes avec délicatesse. La femme jouissait d’une liberté totale, que ce soit dans sa vie privée ou dans sa vie sociale».

C’est un acte sacré qui rejette toute sorte de discrimination, de mépris et qui est fondé sur l’égalité. Selon l’auteur allemand, spécialiste des religions, Geiger, W. ce que l’on peut dire sur la situation juridique de la femme et son égalité avec les hommes dans la religion de Zoroastre, c’est que l’homme avait le titre de «Némanpitti» signifiant le seigneur de la maison et la femme celui de «Némanépitti» c’est-à-dire la lumière de la maison. En d’autres termes, l’homme était le seigneur de la maison et la femme en était la bonne ménagère.

Selon Geiger, W. l’auteur du livre «La civilisation des Iraniens orientaux» après le mariage, la femme prenait le titre d’épouse, elle formait avec son mari un couple et elle n’était pas assimilée aux propriétés et aux serviteurs de son époux. Elle n’était pas considérée comme l’esclave ou la servante de l’homme, mais au contraire elle était la conjointe, l’amie et la compagne de son mari. La femme et son mari étaient égaux en droits et elle était sa partenaire dans toutes les affaires.

Christensen, le grand orientaliste danois, écrit: «Dans l’Iran ancien, les hommes traitaient leurs femmes avec délicatesse. La femme jouissait d’une liberté totale, que ce soit dans sa vie privée ou dans sa vie sociale». Quant à la liberté des femmes dans le mariage, il est intéressant de se pencher sur le comportement de Zoroastre envers sa fille, Pourucistā. Zoroastre lui dit: «Oh Pourucistā, j’ai choisi Jamasp qui est un homme savant (grand vizir de Gushtasp et astronome célèbre) pour mari; réfléchis raisonnablement et vois s’il mérite de t’épouser ou non?»

Dans le cinquième paragraphe des Gāthās, Zoroastre en s’adressant à tous les jeunes, garçons et filles, dit: «Oh, vous les nouvelles mariées et les nouveaux mariés, maintenant je vous dis ce qu’il convient de faire, gardez en mémoire mes conseils et agissez selon ces recommandations pour parvenir à une vie heureuse. Chacun de vous devra prendre de l’avance sur l’autre sur le chemin du mariage, de l’amour, de la pureté et de la bonté; c’est seulement de cette manière que vous pourrez atteindre une vie pleine de joies».

Comme nous le voyons, les femmes et les hommes vertueux doivent se comporter pareillement dans la vie. Après la mort aussi, le fravashi (ange gardien de chaque individu) agit de la même façon qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme. On lit dans les Yashts: «Nous admirons le fravashi de tous les hommes et de toutes les femmes de bien». Dans le Yasna 38, chapitre 38: «ô Ahura Mazda, nous admirons les femmes de ce pays et de même les femmes qui pratiquent la religion de la vérité et de la bonté.»

Dans le Farvardin Yasht qui est le plus long des Yashts, on retrouve ce type de louanges adressées tant aux femmes qu’aux hommes de bien du monde.  La femme zoroastrienne, au premier siècle de l’apparition de Zoroastre, ainsi qu’au temps des Achéménides, profitait de la plupart des droits fondamentaux. Ce furent les périodes les plus brillantes pour elles.

Christensen écrit: «Dans l’Iran ancien, les hommes traitaient leurs femmes avec délicatesse. La femme jouissait d’une liberté totale, que ce soit dans sa vie privée ou dans sa vie sociale». Comme nous le voyons, les femmes et les hommes vertueux doivent se comporter pareillement dans la vie. Dans le Yasna 38, chapitre 38(une section d’Avesta, le livre saint des zoroastriens) l’attitude des hommes vis-à-vis des femmes est décrite: «ô Ahura Mazda, nous admirons les femmes de ce pays et de même les femmes qui pratiquent la religion de la vérité et de la bonté.»

Comme on l’a déjà indiqué, l’exemple parfait était Mandane, la mère de Cyrus, lequel, à plusieurs reprises, vanta les qualités de sa mère. Des femmes comme Atusa, Pantea, Roxanna, Artemis etc. sont des exemples historiques typiques de la présence active des femmes dans la société. Les tablettes trouvées lors des fouilles réalisées à Takht-e-Djamshid (Persépolis) montrent qu’un bon nombre de femmes ont participé à la construction de cette capitale, elles ont perçu des salaires et des primes en marchandises comme du pain, du vin…etc. comme les hommes.

Femme dans le zoroastrisme

Après la défaite des Achéménides, la situation de la femme perse changea et commença à régresser. Sous la dynastie des Séleucides, des femmes et des jeunes filles grecques vivaient dans l’empire, or, en Grèce, la femme ne jouissait pas des mêmes droits que les hommes, il n’y avait pas d’égalité entre les sexes. Ceci eut pour conséquence de modifier le destin et les conditions de vie de la femme iranienne.

Dans la religion de Zoroastre, le mariage se fondait sur la monogamie et donc un homme zoroastrien marié n’avait pas le droit de choisir une autre femme. Sous les Sassanides où la religion officielle était le Zoroastrisme, les femmes obtinrent à nouveau des droits et des avantages basés sur les enseignements de cette religion où la femme pouvait arriver au grade religieux de «Zautā», ce qui supposait sûrement l’apprentissage des sciences nécessaires.

On sait que dans la religion de Zoroastre, le mariage se fondait sur la monogamie et donc un homme zoroastrien marié n’avait pas le droit de choisir une autre femme. Cependant, beaucoup de ces femmes et de ces jeunes filles grecques devinrent les maîtresses d’hommes iraniens et cela ébranla la solidité des principes fondateurs de la famille iranienne. Certaines femmes vivaient avec des hommes iraniens dans le cadre d’un mariage temporaire et d’autres les fréquentaient librement.

Dans la religion de Zoroastre, le mariage se fondait sur la monogamie et donc un homme zoroastrien marié n’avait pas le droit de choisir une autre femme. Sous les Sassanides où la religion officielle était le Zoroastrisme, les femmes obtinrent à nouveau des droits et des avantages basés sur les enseignements de cette religion où la femme pouvait arriver au grade religieux de «Zautā», ce qui supposait sûrement l’apprentissage des sciences nécessaires.

Sous l’empire parthe arsacide, la situation de la femme s’améliora partiellement, selon les tribus et les peuples nombreux peuplant ce vaste territoire. Mais le gouvernement des Séleucides, ainsi que l’hellénisation, eurent des conséquences négatives pour les femmes et leur rôle dans la famille.

Femme sous les Sassanides

Durant le règne des Sassanides, la religion de Zoroastre devint religion d’Etat. Le pays était gouverné par les mobeds (prêtres zoroastriens ou mages). Les femmes obtinrent à nouveau des droits et des avantages basés sur les enseignements de cette religion zoroastrienne. Au dire de Darmesteter, érudit français du XIXème siècle, l’époque des Sassanides fut importante, non seulement pour l’histoire de l’Iran, mais aussi pour le monde entier. Le bilan du gouvernement d’Ardachîr Ier montre que les femmes étaient respectées dès le début du règne sassanide et que personne, même le roi, ne pouvait les ignorer volontairement.

L’étude des tablettes, des documents et des inscriptions de cette période montre que la femme avait une situation particulière à la cour. La mère de Shâpur II a dirigé les affaires de l’Etat pendant près de vingt ans, c’est-à-dire de la naissance de son fils jusqu’au moment où il arriva à l’âge adulte, en collaboration avec de grands mobeds.  Dans les textes d’andarz (conseils) d’Adurbād, Mahrspandān dit à son fils: «Au cas où tu aurais un enfant, que ce soit une fille ou un garçon, envoie-le à l’école pour qu’il soit orné de la lumière de la raison et qu’il vive bien.»

Dans la religion de Zoroastre, la femme pouvait arriver au grade religieux de «Zautā», ce qui supposait sûrement l’apprentissage des sciences nécessaires. Dans le livre «Matigan-i Hazar Datistan» (Le livre des mille jugements), on lit, qu’un jour, des femmes arrêtèrent un juge de haut rang et qu’elles lui posèrent des questions. Le juge répondit à toutes les questions, sauf à une seule.

L’une des femmes lui indiqua immédiatement que la réponse se trouvait dans tel livre et à telle page. On comprend ainsi qu’à l’époque sassanide, des femmes maîtrisaient les questions juridiques. Christian Bartholomae, fameux orientaliste allemand du 20ème siècle, a écrit le livre «La femme dans le droit sassanide». La femme était libre de choisir son époux, elle n’était pas obligée de se marier avec l’homme que son père avait choisi. Et son père n’avait pas le droit de la priver d’héritage ou de lui infliger d’autres punitions si elle n’obtempérait pas.

Dans les paragraphes 2 et 3 du chapitre 19 du livre «Matigan-i Hazar Datistan», on lit: «On ne peut pas marier les filles sans leur consentement.» Dans le paragraphe 29 du chapitre 28 du même livre: «Les fils et les filles participent au paiement des dettes de leurs parents décédés», on peut donc en conclure que les filles étaient sur le même pied d’égalité que les fils, non seulement du point de vue des droits, mais aussi sur celui des devoirs.

Le droit de la famille avait imposé à l’homme de surveiller sa famille et de traiter sa femme et ses enfants avec gentillesse. Les parents et les enfants avaient des responsabilités réciproques. Il était interdit de donner ses propriétés à des personnes étrangères à la famille et par là-même de priver les héritiers légaux et si cela se produisait, cette décision n’était pas exécutoire. Après la mort du père de famille, le droit de tutelle était réservé à la femme et la direction de la famille lui était confiée. En cas de divorce, la femme pouvait demander le douaire; pendant tout le temps où elle ne se remariait pas et qu’elle n’avait pas de revenus, son ex-mari devait subvenir à ses besoins.

Le droit de la famille avait imposé à l’homme de surveiller sa famille et de traiter sa femme et ses enfants avec gentillesse. Les parents et les enfants avaient des responsabilités réciproques. Après la mort du père de famille, le droit de tutelle était réservé à la femme et la direction de la famille lui était confiée.

Bartholomae en se basant sur «Matigan-i Hazar Datistan» écrit à propos du quorum de l’héritage: «Dans le droit sassanide, le partage de l’héritage après la mort du père se réalisait de cette manière: la femme et les fils avaient des parts égales. Si les filles étaient mariées et qu’elles avaient apporté une dot, elles en possédaient la moitié, sinon elles héritaient de la même manière que leurs frères».

Conformément aux lois de l’Avesta:

  1. La femme avait le droit de propriété et elle pouvait diriger ses propriétés indépendamment.
  2. La femme pouvait être responsable, tutrice et gardienne de ses enfants.
  3. La femme pouvait rester en justice en lieu et place de son mari et gérer les affaires au nom de son mari, si celui-ci était malade.
  4. La femme pouvait déposer plainte contre son mari violent et acariâtre auprès du procureur et demander sa condamnation.
  5. Le mari ne pouvait pas marier sa fille sans le consentement de sa femme.
  6. Le témoignage de la femme était accepté devant les tribunaux.
  7. La femme pouvait devenir juge ou avocate.
  8. La femme pouvait être testatrice et léguer ses biens.

En outre, dans l’Avesta, on ne trouve aucune différenciation entre les filles et les garçons en ce qui concerne l’enseignement et l’éducation. Dans l’un des livres ou nask, on peut lit: «Oh Ahura Mazda, donnez-moi un enfant qui puisse se montrer capable d’accomplir ses devoirs et d’assumer ses responsabilités envers sa famille, sa ville et son pays». Il n’est pas précisé s’il s’agit d’un fils ou d’une fille.

Ce que Ferdowsi a écrit sous forme de vers dans le Shâhnâmeh ou Livre des Rois ne relève pas de son imagination ou de rêves poétiques. L’œuvre de ce grand poète épique, avec intelligence et avec le souci de respecter la vérité, nous permet de connaître la situation de la femme en Perse.

Comme nous pouvons le voir dans les récits épiques, des hommes puissants tels que Kaveh, Rostam, Esfandiyār, Siyāvash, Sohrab ou Kai Khosrô sont mentionnés, mais on rencontre aussi des femmes sages et intelligentes comme Faranak, Sindukht, Gurdāfarīd, Rudabeh, Tahmineh, Katāyoun, Farangis, Gordiya, Bûrândûkht ou Azarmedûkht qui ont réalisé des actions remarquables grâce à leur sagesse, leur intelligence et leur habilité. A maintes reprises, elles ont même pu éclairer le chemin des hommes et les guider.

Ce que Ferdowsi a écrit sous forme de vers dans le Shâhnâmeh ou Livre des Rois ne relève pas de son imagination ou de rêves poétiques. Cette œuvre contient tous les récits et les nouvelles de l’histoire ancienne de l’Iran. Ils ont été appris par coeur et ont été transmis de bouche à oreille, génération après génération et au final, Ferdowsi les a reçus et transcrits. Ce grand poète épique, avec intelligence et avec le souci de respecter la vérité, nous permet de connaître la situation de la femme en Perse et nous montre son importance, malgré les jugements erronés et les pensées à courte vue qui avaient cours au troisième et au quatrième siècle de l’Hégire. Ainsi, on peut avoir une idée exacte du rôle social et de la situation de la femme en Perse avant l’apparition de l’islam.

Minoo Rajaii Gholizadeh
Traductrice

Minoo Rajaii Gholizadeh

Titulaire d'un master de français

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