arrow-down

 

Des femmes iraniennes de l’andaruni .[1] au biruni .[2]

Femme iranienne face à la société traditionnelle

Pendant  des milliers d’années, la condition des  femmes dans les pays de culture iranienne a connu de multiples changements.

 

Femmes devant Saghakhaneh( fontaine de l'eau)

                            Femmes devant Saghakhaneh (fontaine de l’eau)

Les femmes iraniennes ont expérimenté des situations diverses concernant leur présence ou leur absence dans la vie sociale et politique du pays.

Elles sont toutes au Bazar

                                              Toutes les femmes sont  sortent dehors

L’évolution des cent dernières années a été due principalement à une politique de modernisation de l’État et aux quatre mouvements sociaux (La révolution constitutionnelle de 1908, le mouvement national en 1952, la révolution islamique iranienne de1979 et le mouvement de la réforme en 1998-2006) qui ont radicalement changé la vie des gens, en particulier celle des femmes.[3]

Elles mangent la glace au vermicelle au coin du Bazar

                         Les femmes habillées en noir  mangent la glace au vermicelle 

Sous la dynastie des Qâdjâr, les femmes étaient cantonnées à l’intérieur de la maison et l’espace public ou « extérieur » était le domaine des hommes. Les femmes, lorsqu’elles étaient à l’extérieur, devaient porter un vêtement les recouvrant entièrement : comme le tchador, la burqa et le chaqchur (pantalon ample).

                  Deux jeunes filles qui seront les futurs femmes mères prennent du thé

Elles devaient aussi respecter certaines règles, même pour traverser une rue. Elles étaient peu alphabétisées, même si, à l’époque de Naser-el-Din Shah, il existait un projet d’éducation publique, basé sur le modèle éducatif occidental, qui avait transformé les modes de pensée et la culture des femmes iraniennes.

Une jenue fille enseignant, l'exemple des femmes émancipées

                      Une jeune fille enseignant, l’exemple des femmes émancipées

Le nombre des écoles avait augmenté, mais dans de nombreux cas, il y avait beaucoup d’oppositions à la présence des filles dans ces écoles. Il y a même eu des tentatives de destruction de ces écoles[4].

Visite scolaires de petites fille, les futures femmes mères iranienne

                Visite scolaires de petites filles, les futures femmes mères iraniennes

Pourtant, les femmes, tout en respectant les coutumes, ont initié un mouvement pour obtenir leurs droits civils. Mariam Amid, connue sous le nom de Mozayan-Al-Saltaneh, a été la première femme journaliste iranienne qui a commencé ses activités en 1911. Elle a fondé le premier journal destiné aux femmes  en Iran. Cette publication s’appelait Danesh (connaissance), elle paraissait une fois par semaine en huit pages et en in-quarto à Téhéran et aussi dans d’autres régions[5].

Moderne ou traditionnelle, les femmes sortent ensembles

                         Moderne ou traditionnelle, les femmes sortent ensembles

Au moment de la révolution constitutionnelle, des femmes ont été très actives pour obtenir l’égalité des droits et un statut social. Bibi Mariam Bakhtiari, commandant en chef lors de la victoire de Téhéran, avait pris les armes et avait combattu pour défendre les hommes. Pourtant, cette révolution n’a pas eu beaucoup d’influence sur la vie sociale des femmes iraniennes, elles n’ont même pas obtenu le droit de vote.

Les jeunes adolescentes, l’exemple moderne de la femme iranienne

              Les jeunes adolescentes, l’exemple moderne de la femme iranienne

Femme iranienne au 20 ème siècle

Dans les premières décennies du XXe siècle, avec l’apparition des États modernes, la condition des femmes s’est améliorée avec des mesures telles que la délivrance des certificats de naissance et la planification familiale.

La politique du kashf-e hijab (le dévoilement) a commencé pendant la première période de la dynastie des Pahlavi qui a duré 7 ans. Le but était l’occidentalisation et la modernisation de la société, les femmes devaient donc être vêtues comme les femmes occidentales.[6]

La voile ne cache pas le sourire des filles iranienne

                               La voile ne cache pas le sourire des filles iraniennes

Dans le même temps (en 1932), le premier film en persan « la fille Lor » est sorti et Rouhangiz Saminejad a été la première actrice du cinéma iranien[7].

 

La légèreté du foulard crée une image différente de la femme iranienne

               La légèreté du foulard crée une image différente de la femme iranienne

Femme iranienne et la révolution 1979

Les femmes iraniennes ont joué un rôle important lors du renversement du régime du Shah et de la révolution islamique. Cette dernière visait également à améliorer le statut des femmes, à les libérer réellement, à favoriser leur participation dans la société et ainsi à être partie prenante dans le développement et la construction de l’Iran. [8]

Léger foulard coloré, nouvelle voile de la femme iranienne

                            Léger foulard coloré, nouvelle voile de la femme iranienne

Après la révolution islamique, la société est devenue plus sûre pour les femmes. Non seulement, elles sont sorties de la maison, mais elles sont entrées dans l’arène politique, ayant un rôle important pour soutenir le mouvement de masse islamique. Elles étaient très nombreuses lors de la manifestation du 22 Bahman et aussi lors du rassemblement de la Journée mondiale d’al-Quds.

Jean bleu sous la voile, l’image de la femme iranienne

                            Jean bleu sous la voile, l’image de la femme iranienne

Avec une participation de plus de 44% aux élections du 23 mai 1997, les femmes iraniennes ont montré qu’elles avaient une place importante dans l’espace politique. Elles ont obtenu des conditions favorables pour leurs activités sociales[9].

C’est ainsi que l’on trouve des femmes réalisatrices comme Rakhshan Bani-Etemad, Tahmineh Milani, Manijeh Hekmat, …qui ont produit des films sur les femmes et beaucoup d’actrices ont aussi joué dans différents films.

Pendant la guerre  l’Irak contre  l’Iran , les femmes étaient très présentes et efficaces derrière les barricades. Pendant 8 ans, elles ont joué un rôle crucial dans les équipes médicales et les soins infirmiers. Elles ont formé des groupes pour fournir de la nourriture et des vêtements aux soldats.

Les femmes en voile noire mais souriantes comme les autres

                      Les femmes en voile noire mais souriantes comme les autres

Après la guerre, avec la reconstruction du pays, les femmes ont profité de conditions favorables pour s’impliquer davantage dans les domaines de la culture, de la politique et la société dans son ensemble.

La femme iranienne et la société après la guerre

Selon le Centre de la statistique de l’Iran, entre 1997 et 2004, le nombre de femmes candidates pour le parlement est passé de 351 à 504, le nombre de femmes candidates pour le Conseil de 1373 à 2338, le nombre de femmes ayant un poste de direction de 726 à 1186 personnes, les coopératives de femmes de 508 à 1793,les organisations non gouvernementales de femmes sont passées de 68 à 480.

Rien n'empêche la femme d'avoir une activité sociale

                            Rien n’empêche la femme d’avoir une activité sociale

Au cours de cette période, elles ont pu faire valoir leurs activités au niveau national et international. Shirin Ebadi, en 2004, a reçu le prix Nobel de la paix. Anousheh Ansari a été la première femme iranienne qui a été lancée dans l’espace en 2006.
Maryam Mirzakhani, en 2014, a été la première femme et la première iranienne à recevoir la médaille Fields, qui est la plus prestigieuse récompense dans le domaine des mathématiques. Des études ont été faites sur la réussite des femmes dans les sports et aux Jeux olympiques. Kimia Alizadeh, en 2016, a remporté la médaille de bronze olympique en taekwondo.

 

Kimia Alizadeh, médaille du bronza aux jeux olympiques 2016 au taekwondo

       Kimia Alizadeh, médaille du bronza aux jeux olympiques 2016 au taekwondo

Les femmes se sont également distinguées en politique. Vahide Dastjerdi a été la première femme ministre dans toute l’histoire de l’Iran après la révolution et elle a pu atteindre ce poste après la révolution islamique. Humira Rigi a été le premier gouverneur de l’ethnie des Baluch, une autre femme sunnite a été nommée gouverneur du GhasrGhand, ainsi que de la province du Sistan-Balouchistan en avril 2015. Narges Madani Poor est devenue maire du 13ème arrondissement de Téhéran et 17 femmes ont été membres pendant la dixième session du parlement, ce qui a été sans précédent dans d’autres sessions.

Conformément au code du travail, il n’existe aucune différence entre les droits des hommes et des femmes, ni au niveau de leur salaire. Les femmes peuvent être titulaires d’un compte bancaire personnel, elles gèrent leurs biens mobiliers et immobiliers sans problème et elles sont complètement libres, de par la loi, de faire des études supérieures et d’obtenir des diplômes.

Les femmes sortent seule ou ensembles

                                         Les femmes sortent seule ou ensembles

Actuellement, les femmes représentent 41% de la population en Iran et 2, 200,375 étudient à l’Université. Selon le tableau suivant, la part de la participation économique des femmes est de 12,8%.

Ces chiffres montrent la volonté des femmes iraniennes d’accéder à des postes de direction et à des postes de responsabilité à égalité avec les hommes.

 

Taux de participation économique de la population âgée de 10 ans et plus selon le sexe[10]
12.8femme
62.6homme

 

[1]Andaruni signifie l’intérieur de la maison

[2]Biruni signifie l`extérieur de la maison. A l’époque Qadjar et avant, espace généralement réservé aux hommes

[3]Quatre évaluations sociologiques de la situation des femmes en Iran/ Hamid Reza Jalaeipoor/Publication Refahedjtemaei/ numéro 21/Eté 2007

[4]Base d’information Mehr Khaneh

[5]Base de données complète d’histoire contemporaine de l’Iran

[6]Dévoilement/Fatemeh Sadeghi/ 2014/ Publication Negah Moaser

[7]L’histoire du cinéma d’Iran/ Jamel Omid

[8]Sociologie de la participation politique des femmes/Mohammad Hossein Panahi/ 2008/ Publication Alameh Tabatabaei

[9]Quatre évaluations sociologiques de la situation des femmes en Iran/ Hamid Reza Jalaeipoor/ Publication Refahedjtemaei/ numéro 21/Eté 2007

[10]Résultats de l’enquête sur la population active. Hiver 2016/ Centre de la statistique d’Iran

Les articles liés

Spandarmazd, le jour de l’amour

Le visage de la femme perse dans Shâh-Nâme (Le livre des rois) de Ferdowsi

maryam Khorasani
Traductrice

maryam Khorasani

avatar
Search in site
Scroll Top