Economie iranienne dès début à 1920

L’économie iranienne a connu des vicissitudes au cours de l’histoire et s’est alimentée des différentes ressources. Avant la découverte du pétrole, des activités productives humaines telles que l’agriculture et l’élevage constituaient la principale source de recettes de l’Iran. Mais après la découverte et l’exploitation du pétrole, l’économie iranienne a franchi une nouvelle étape. L’objectif de cette article est d’analyser le long parcours économique d’Iran, de l’apparition des premières monnaies jusqu’à la période florissante de l’or noir et enfin le dossier nucléaire d’Iran.

L’économie de l’Iran préislamique :

Considérées comme le point culminant de l’histoire économique d’Iran, les premières monnaies ont été frappées sous Darius Ier (520 av. J.-C.), le troisième roi de la dynastie achéménide. Frappées en argent et en or, ces monnaies modifièrent le troc qui soulevait des difficultés. Les Achéménides eurent également une place importante dans l’économie. Divisé en une vingtaine de satrapies, l’empire était traversé par des routes royales et veiné de routes secondaires.

 

 

La plus importante de celles-ci fut la route Royale, celle qui s’étendait de Suse, la capitale des Achéménides, à Sardes, la capitale de Lydie (actuel Anatoli occidental). C’était une route de 2400 km ponctuée de 111 postes qui facilita les échanges commerciaux. Divers produits agricoles qui étaient cultivés selon la géographie et le climat des différentes régions furent transportés ailleurs à travers ces routes. En outre, les ports au long du golfe Persique ou encore le canal de Suez que Darius avait fait creuser occupait une place importante dans le commerce maritime.

 

Les Séleucides et les Arsacides (les Parthes) se succédèrent l’un après l’autre aux Achéménides. La prospérité du commerce extérieur, l’installation des organismes financiers centralisés et le développant des réseaux routiers : telles ont été les principales étapes des Séleucides dans le domaine économique qui furent suivis par des Arsacides par le développement des propriétés privées, la sécurité des routes et l’organisation des expositions commerciales. Les Séleucides importaient l’or et le papyrus et exportaient en revanche du bois, du fer, du cuivre, de la plombe, des vêtements, des bijoux, des médicaments, des pierres précieuses, des tapis et des graines de blé.

En développant le réseau d’irrigation de « Merv », les Parthes jouèrent un rôle important dans l’extension du réseau d’irrigation d’Iran. On commença alors à cultiver la canne à sucre mais l’agriculture déclina et l’élevage des animaux domestiques surtout des volailles fut développé ayant le meilleur marché à l’étranger.

Les Sassanides contrôlaient les côtes du golfe Persique jusqu’à l’Indus, maîtrisant de cette façon le commerce maritime. Cependant à l’époque sassanide l’économie reposa plutôt sur l’agriculture que le commerce. A l’époque, bien que les monnaies constituent le principal moyen de paiement en circulation dans les villes, dans les villages les ouvriers, les soldats et les paysans recevaient leur rémunération et payaient leur taxe en troc. Basé sur l’échange de la monnaie, le commerce extérieur s’épanouit en comparaison des autres périodes.

L’économie de l’Iran islamique:

Avec l’avènement de l’islam en Iran, l’économie iranienne connut des hauts et des bas. A l’époque, l’agriculture constitua un facteur économique de premier plan en Iran comme l’Antiquité et les agriculteurs et les paysans constituaient la majeure partie de la population. Suite à la surproduction dans le secteur agricole, on les exporta dans d’autres pays. Lors de la conquête arabe, la société rurale et urbaine ainsi que l’industrie agricole subit des dégâts importants. Mais la riche culture iranienne encouragea leurs descendants de favoriser la science, le développement et l’art plutôt que l’homicide et le pillage. Cela a eu comme résultat la compensation d’énormes dommages subis par des Sassanides et le développement de l’urbanisation.

 

Lors des paix établies entre les invasions, les Iraniens purent prospérer l’agriculture grâce aux gouvernants et des vizirs compétents. Favorisant  l’agriculture et à l’irrigation, les Tâhirides (le gouvernement local installé au nord-est de l’Iran au IX siècles après J.-C.) fondèrent de nombreux Qanâts à Khorāsān. L’agriculture prospéra chez les Samanides et les Bouyides. Pratiqué par des paysans et le plus souvent par des nomades, l’élevage a été développé de plus en plus suite à l’émigration de tribus turques à savoir les seldjoukides, les Mongoles et les Tâhirides en Iran qui vivaient de l’élevage. Le commerce maritime constituait une place importante avant et après l’avènement de l’islam due à la situation géographique de l’Iran. Celui-ci est considéré comme un pont étendu de l’est à l’ouest ayant accès aux océans grâces à la mer Oman et au golfe Persique, et doté des voies terrestres et maritimes:

 

A l’époque safavide et durant le règne de Chah Abbas Ier l’économie iranienne s’est rétablit. Celui-ci a pris des mesures pour assurer le bien-être économique de la société. Sous son règne La production de la soie devint un monopole du trône pour le tissage des tapis afin de les exporter dans les pays européens surtout la Pologne. Il fit aussi construire des caravansérails au long des routes principales destinés aux caravanes de marchands. En plus, il favorisa la venue de nombreux arméniens à Ispahan installés dans le quartier la nouvelle-Djolfâ, dans le but de développer le commerce. Ce n’est pas tout.

Il a réformé le système de taxation dans l’intérêt du peuple selon leur revenu et a exempté des groupes d’agriculteurs et des commerçants d’impôts. Bien que ses successeurs ne réussirent à maintenir le pouvoir, mais le commerce extérieur en signant des contrats officiels et l’arrivé des frères Shirley, conseillers militaires anglais en Iran afin d’améliorer la puissance de tir de l’armée safavide, favorisèrent l’Iran comme une destination de commerce pour les européens. Les fresques murales du palais Ali Qâpu et celles de Chehel Sotoun témoignent de la présence remarquable des européens dans le commerce chez les Safavides. Les Anglais aidèrent Chah Abbas à repousser les Portugais hors d’Hormoz et l’empire safavide atteignit son apogée à cette époque.

Les autres successeurs laissèrent en revanche le royaume à l’abandon, progressivement sapé par les intriques de harem, une armée qui s’affaiblissaient et des impôts trop lourds imposées même aux Arméniens, une tribu afghane se rebella et envahit l’Iran de 1719 à 1722. Nadir chah fonda la dynastie des Afshârs au Nord-est du pays et Karim khan fonda la dynastie des Zands dans le Sud du pays. Ils rétablirent l’économie iranienne et développèrent le commerce en accueillant des groupes commerciaux belges et français en Iran.

Au moment où les Qâdjârs arrivèrent au pouvoir, l’économie iranienne connut un retard certain due à l’incompétence des souverains qâdjârs. Ainsi le pays fut divisé en parties semi détachées où les gouverneurs locaux barrait la routes afin de extorquer les caravanes. Plus de 80 % des gens habitaient dans les villages avec un système politique féodal selon lequel les propriétaires terriens ne rémunéraient pas le travail des agriculteurs et le gouvernement imposait de lourds impôts aux vassaux. Naser od-Din chah (1848-1896) fut  un des premiers souverains perses à voyager en Europe. Ces voyages étaient payés par les avantages et les intérêts du pays, offerts aux pays étrangers. Voilà pourquoi la Russie et la Grande-Bretagne obtinrent des concessions extraordinaires qui mirent pratiquement entre leurs mains toutes les ressources de l’Iran et furent naître le mécontentement populaire.

 

Naser od-Din chah accéléra la saisie économique de la Grande-Bretagne et de la Russie, en bradant des concessions : en 1872, le baron Julius Von Reuter, se fit octroyé une concession de 70 ans qui lui livrait l’exploitation des ressources du sous-sol iranien, sauf l’or, l’argent et des pierres précieuses, l’exploitation des forêts, la construction des Qanâts et les canaux d’irrigation, de voies ferrées, des réseaux routiers, de l’installation d’un réseau télégraphique de même que des usines industrielles et de la création d’une banque. En plus, il se vit confier pour 25 ans le monopole des douanes et des exportations de l’Iran.

L’attribution de ces monopoles suscita le mécontentement de la Russie, de la cour et des peuples. Et le gouvernement persan annula la concession en 1899 mais fut obligé de verser de lourdes indemnités aux Anglais. Par exemple,  il confia à Reuter le monopole  de la création de la banque « Shahi » et son fils obtint pour 60 ans les concessions des mines et celle de la banque qui ne tarda pas à prendre le nom de Banque « Shahanshahi ».

 

Attribution, en 1890, du monopole du tabac à une compagnie britannique pour 50 ans provoqua des émeutes et suscita une opposition populaire massive contre le chah. La protestation atteignit son apogée en 1891 suite à laquelle une fatwa interdisant la culture, la consommation et le transport du tabac fut promulguée par l’autorité religieuse Mirza Shirazi. La conjonction des mécontents aboutit à la révolution constitutionnaliste de 1906. Et chah dut annuler la concession. L’industrie des pays européens se transforma suite à la Révolution Industrielle et due à la surproduction des produits, ils cherchaient dans divers pays à trouver de nouveaux marchés pour leurs produits entre autres, l’Iran. Ainsi, l’introduction des produits européens à bas prix, immobilisa l’artisanat et les ateliers industriels de l’Iran.

 Apparition du pétrole en Iran

L’histoire du pétrole en Iran  remonte au troisième millénaire avant Jésus-Christ. A l’antiquité, le bitume servait à préparer des mortiers, à calfater des bateaux et goudronner des routes. Pour ce faire, on pavait les routes en les couvrant de bitume.

 

Sous le règne de Mouzaffar al-din chah (1896-1907), en 1901, William Knox d’Arcy obtint pour soixante ans une concession qui lui permettait de prospecter et d’exploiter le pétrole à travers l’empire persan, à l’exception des 5 provinces du Nord de l’Iran qui étaient sous influence russe. en 1908, les ingénieurs de D’Arcy découvrirent une réserve de pétrole importante à Masjed-Soleyman. Cette découverte constitua le point de départ d’une immense évolution politique et économique en Iran. On mit en service la raffinerie d’Abâdân en 1909, l’une des plus grandes raffineries du monde et exportait le pétrole exploité des gisements pétroliers situés au sud d’Iran.

 

En 1914, le Parlement de la Grande-Bretagne établit une loi selon laquelle le gouvernement britannique avait le droit à acheter une partie de l’action de l’Anglo-Iranien Oil Company. Selon l’accord conclu entre le ministère de la Marine britannique et l’Anglo-Iranien Oil Company, la marine anglaise acquit le droit à acheter le pétrole à bas prix, ce qui suscita l’opposition des peuples, des libéralismes iraniens et des Anglais.

 

Au cours de la première guerre mondiale, pour les Anglais, la priorité était la préservation des pipelines pétroliers iraniens. C’est pourquoi des Allemands et des Ottomans tentèrent de saper l’industrie pétrolière de Khuzestân.  La Grande-Bretagne donnait de l’argent et des armes aux certains gouverneurs locaux pour qu’ils  préservent des installations pétrolières. En 1915, les forces anglaises occupèrent Khuzestân à la suite de la coupure du pipeline d’Abadan par les allemands. A la fin de la première guerre mondiale, la raffinerie d’Abâdân était d’une capacité  de 1 Mt et le montant des recettes d’exportation pétrolière de l’Iran étaient 470,000 lires entre 1919 et 1920.

 

Après la première guerre mondiale, un différend fit naître entre le gouvernement iranien et l’Anglo-Iranien Oil Company dû au fait que l’Iran ne tirait pas le plus grand profit de l’extraction du pétrole. Le gouvernement iranien était d’avis que cette compagnie vendait le pétrole à prix bas au gouvernement britannique, ce qui contribuait à la réduction de la rente pétrolière de l’Iran. En plus, le gouvernement iranien était contre la relation établie entre la Grande-Bretagne et les gouverneurs locaux iraniens. En revanche, la Grande-Bretagne jugea l’Iran incapable de préserver les installations pétrolières et c’est la raison pour laquelle, elle donnait une partie de la rente pétrolière de l’Iran aux gouverneurs locaux. Mais le gouvernement iranien affirma que des dégâts causés par la guerre ne correspondaient pas au gouvernement iranien. Ces conflits continuèrent de 1917 à 1919 et finalement aboutit à la victoire de l’Iran sur  la Grande-Bretagne.

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Rédacteur

Golrokh Bayat Maku

Etudiante en français, responsable administrative

Shaghayegh Mokhtari Hedesh
Traductrice

Shaghayegh Mokhtari Hedesh

Titulaire de master en français, Traductrice

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