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Le coup d’Etat Anglo-Américain du 19 août 1953 en Iran : la fin d’une époque

 

Le coup d’Etat du 19 août 1953 en Iran contre Mossadegh,  marque la fin d’un conflit et d’une époque commencés dès septembre 1941. Cette période débute avec l’expulsion de Reza Shah après l’occupation du pays par la Grande Bretagne et l’URSS. Les tensions entre la monarchie despotique et les partisans des réformes sont vives. La faiblesse du régime royal ainsi que les mouvements de mécontentement de divers groupes sociaux et politiques permettent à ces derniers de reprendre leurs activités de contestation.

 

Introduction à la modernité

L’époque de Reza Shah ouvre la voie au modernisme en ce qui concerne les politiques culturelle, sociale et économique. L’inauguration de l’université, le développement d’écoles modernes, la construction d’hôpitaux font entrer le pays dans la modernité. La reprise en main du commerce tenu jusqu’à présent par des étrangers, permet de diminuer les importations, la création d’usines concourt à l’indépendance du pays, mais du point de vue de la liberté de la presse et des libertés politiques, on assiste à une dégradation par rapport à celles garanties par la Constitution. Cette révolution offrait, malgré de nombreux revers, une période de liberté d’expression pour les Iraniens.

Mais la Constitution est vouée à l’échec en faisant face à l’anarchie et à l’immixtion étrangère. La faiblesse de la monarchie suite à la Constitution et à l’émancipation de forces centrifuges, comme les tribus, sont les causes de l’anarchie. L’ingérence des Russes et des Anglais, particulièrement par leur accord de 1907 visant à étendre leur zone d’influence sur l’Iran, était le plus grand ennemi de la Constitution et de l’intégrité territoriale de l’Iran. Par cet accord, les Anglais contrôlent les frontières de l’Inde à l’est de l’Iran et le Golfe Persique, les Russes, quant à eux, ont accès aux eaux internationales et aux ressources pétrolières du nord de l’Iran. Les élites iraniennes pensent qu’il faut renverser la dictature et avancer à grands pas vers la modernité par la construction de routes, de chemins de fer, d’hôpitaux, d’universités, par l’instauration de normes d’hygiène publique afin d’accéder à la démocratie. C’est pourquoi elles apprécient cette dictature redonnant au pays sa fierté et son indépendance et offrant les éléments susmentionnés à la société.

A la suite du coup d’Etat du 22 février 1921, cette dictature est incarnée par Reza Shah, un militaire. C’est le deuxième coup d’Etat durant la période constitutionnelle. Le premier a eu lieu suite au bombardement de la première assemblée par les forces cosaques, sous l’ordre de Mohammad Ali Shah Qadjar, car celui-ci considérait que l’assemblée constituait un danger pour la monarchie. Les instigateurs de ce coup d’Etat du 21 (ou du 22) février déclarent qu’il est survenu à cause de l’inefficacité de la Constitution pour contrecarrer ses ennemis. A sa tête se trouvaient un journaliste célèbre Sayyed Ziya od- Din et un cosaque Reza Khan, colonel de l’armée persane. Le premier devint Premier ministre, mais il disparaît de la scène politique au bout de trois mois. Reza Khan qui était ministre de la guerre devient Premier ministre, il engage des réformes politiques et évince les forces d’opposition. Finalement, il devient roi grâce au soutien d’une grande partie de la société, en particulier du clergé (celui de Najaf), des commerçants, de la classe moyenne des villes et de certains intellectuels.

Reza Khan, le premier ministre du dernier roi  Qadjar, Ahmad shah

 

Pendant son règne, la politique menée transforme ses soutiens en ennemis. Le clergé est mécontent de ces nouveautés culturelles et sociales concernant les femmes, de la mode vestimentaire,  de l’enseignement et des affaires judiciaires car ces changements ont pour but la consolidation de l’autorité du roi. Malgré la satisfaction des intellectuels pour ce renouvellement culturel et social, ils sont déçus à cause des restrictions politiques concernant la presse et les partis.

Une partie de ces intellectuels est contre la réforme des vêtements masculins et l’adoption des vêtements féminins d’Europe, ce qui est connu sous le nom du «Dévoilement». Les chefs des tribus et les féodaux voient leur influence limitée en raison de la centralisation du pouvoir, ce qui est le contraire de la période Qadjar. En confisquant les terres fertiles de ces derniers au nord du pays durant la deuxième moitié de son règne, Reza Shah devient lui-même un grand féodal, ce qui provoque encore la colère des intellectuels. Ainsi, il se crée lui-même des ennemis qui profitent de son exil et de l’occupation du pays pour rétablir la Constitution.

 

Une liberté partielle, résultat de l’occupation

La liberté de la presse et des partis est rétablie, suite au renversement de Reza Shah. Ainsi naît le Tudeh ou Parti des Masse d’Iran qui se réclame du marxisme, il est dépendant de l’URSS. Ce parti développe ses activités dans tout le pays, mais il est plus actif au nord de l’Iran, région occupée par les Russes. Ses partisans entrent dans la quatorzième assemblée nationale. A cette période, les partis nationalistes et religieux deviennent de plus en plus actifs. Les journaux sont nombreux, ce qui n’est pas sans évoquer la période constitutionnelle. Une différence toutefois par rapport à cette époque concerne la censure des journaux anglophiles dans les régions du nord.

Pour être légitime, la monarchie, devenue faible après une période d’autorité, a besoin de la religion. Il faut prendre en considération que cette dernière est l’arme la plus sûre pour limiter le Tudeh. C’est pourquoi le clergé peut profiter de la presse gouvernementale afin de propager ses idées. Contrairement à la période de Reza Shah, la liberté religieuse est totale et le clergé tout à fait libre. Adoptant les mêmes méthodes que les membres du Tudeh, le clergé montre son autorité lors de cérémonies comme l’accueil de Haj Agha Hossein Tabatabaei Qomi, religieux célèbre banni sous Reza Shah. Qomi revendique l’enseignement de la théologie dans les écoles, l’annulation du dévoilement et les funérailles de l’Ayatollah Seyed Abolhassan Ispahani, membre éminent du clergé à Najaf. Chose intéressante, lors des cérémonies religieuses les représentants de la monarchie sont à côté des membres du clergé, ce qui provoque les critiques de Ahmad Kasravi, intellectuel laïc iranien, qui a des idées radicales contre le clergé et se considère comme un réformateur religieux. Finalement, un groupe politico- religieux intitulé «Fadaïan-e- Islam» l’assassine.

 

Le conflit entre la Constitution et la dictature

Les forces nationalistes, réunies plus tard autour de Mohammad Mossadegh, veulent régler les conflits sur le plan parlementaire. Ils ont l’expérience de la vie politique et journalistique dès la période constitutionnelle, mais ils sont emprisonnés sous Reza Shah. Seyed Hassan Modarres, mollah et membre du parlement en est un exemple. Avec Mossadegh, il n’a pas voté la chute des Qadjar et l’arrivée au pouvoir de Reza Shah. Mossadegh croit que le règne de Reza Shah aboutira au despotisme, ce qui est contre la Constitution. Après le mois d’août 1941, une partie des compagnons de Mossadegh rejoint ceux qui ont accepté le règne de Reza Shah.

L’opposition parlementaire des réformateurs évolue vers un conflit entre le roi et le parlement de 1941 à 1953, conflit qui se manifeste par la querelle du Shah avec le parlement pour élire le premier ministre et le cabinet des ministres.

 

L’occupation et la solidarité

Mis à part les conflits politiques intérieurs, l’occupation du pays provoque des problèmes de politique extérieure. Le premier ministre iranien au début de l’occupation, Mohammad Ali Foroughi, arrive à mettre l’Iran du côté des alliés, en signant un accord avec l’URSS et la Grande-Bretagne, alors que les règles de l’occupation sont en vigueur. Par cet accord, Foroughi souhaite le départ des occupants après la fin de la guerre et il pense que l’Iran bénéficiera des avantages liés à la victoire.

Toutefois, la Grande-Bretagne et l’URSS ont l’intention d’augmenter leur emprise durant la période de l’après-guerre. Les Bolcheviques cherchent à réaliser l’accord de 1907 en intégrant les régions du nord de l’Iran à la Russie. C’est pourquoi ils exhortent les russophiles entre autres le Tudeh, à chercher et à exploiter les ressources pétrolières. Les Britanniques pensent protéger les frontières de l’Iran d’avec l’Inde de l’invasion des Russes et ainsi conserver leurs privilèges dans les régions du sud. C’est peut-être en raison de ces oppositions que Foroughi fait intervenir les Etats-Unis dans cet accord, pensant que la présence de ce pays pourrait garantir la réalisation de l’accord ainsi que l’expulsion des occupants de l’Iran.

Foroughi est toujours inquiet face à la cupidité terrestre des Russes. C’est pourquoi, Ahmad Qavam, le premier ministre à la fin de guerre, peut négocier avec l’URSS, tout en ayant déposé plainte contre ce pays auprès du Conseil de sécurité des Nations-Unies, ce qui fait entrer l’ONU en scène afin d’augmenter la pression sur Staline. Quand l’URSS quitte l’Iran, les républiques autonomes comme l’Azerbaïdjan et le Kurdistan, constituées par les partisans de l’URSS et ses soutiens, s’effondrent.

L’indépendance et la démocratie

Qavam qui est en conflit avec le Shah est obligé de quitter le pouvoir malgré ses succès en Azerbaïdjan. Mohammad Reza Shah veut revenir au temps de son père, Reza Shah, c’est pourquoi il ne supporte pas les ministres puissants. La politique étrangère joue alors un rôle important. Les droits liés à la découverte, à l’exploitation et à l’utilisation du pétrole en tant que source la plus importante des revenus du pays, sont donnés à l’Angleterre. Mais diverses forces politiques voulant limiter le pouvoir de la monarchie, craignent que le pétrole, source de richesse liant la monarchie à la Grande-Bretagne, ne menace l’indépendance du pays ainsi que la démocratie. C’est pourquoi, devenir délégué à l’assemblée et faire en sorte que l’industrie pétrolière soit nationalisée est le but principal de ceux-ci afin d’acquérir l’indépendance et d’instaurer la démocratie.

Mossadegh retourne

 

Durant les élections de l’hiver 1949, les actions des réformateurs pour être présents à l’assemblée ont été à l’origine de conflits avec la cour. Ces réformateurs dont le chef était Mohammad Mossadegh, condamnent la cour à la tricherie. En conséquence, ils font la grève devant le palais royal, ce qui aboutit à la constitution du Front Populaire, soutenu par différents groupes politiques et religieux. Seyed Abolghasem Kashani, membre du clergé et politicien hostile à la Grande Bretagne, qui avait été incarcéré par les Anglais durant la deuxième guerre mondiale, est le plus grand défenseur du Front Populaire. Le groupe religieux de Fadaïan-e-Islam dont le chef est Seyed Mojtaba Navab Safavi et qui souhaitait un gouvernement islamique, soutient ce front. Ce groupe a assassiné des hommes politiques comme Abdolhossein Hajir, ministre de la cour, et Haj Ali Razmara, premier ministre hostile à la nationalisation des installations pétrolières, ce qui a aidé à la réalisation des buts de ce front.

Ayatollah Kashani, le religieux soutient Mossadegh

 

La majorité des membres du Front National est constituée de personnes cultivées de la période de Reza Shah, tels Seyed Ali Shaygan, Karim Sanjabi, Hossein Fatémi, Hossein Makki, Mozaffar Baqaï et Khalil Maleki.

Après l’attentat contre Hajir, des élections ont lieu et la seizième assemblée voit certains membres du Front populaire y entrer. La loi de nationalisation des installations pétrolières est adoptée au mois de février  en 1951. L’attentat contre le premier ministre de l’époque, Haj Ali Razmara, par Fadaïan-e-Islam ouvre la voie au ministère de Mossadegh. Malgré un court mandat de Hossein Ala, les hommes politiques ainsi que le peuple attendent avec impatience l’arrivée au gouvernement de Mossadegh. Celui-ci y entre enfin après la proposition d’un des délégués favorables à la cour qui espérait que Mossadegh refuserait.

 

Kashani avec Fadaiian Islam

 

Mossadegh décide de réformer la loi électorale et de nationaliser l’industrie du pétrole, éléments essentiels de son programme gouvernemental. Il veut empêcher que les partisans de la cour siègent à l’assemblée, parce qu’ils soutiennent la politique de la Grande-Bretagne. Si ces personnes entraient à l’assemblée grâce aux chefs des tribus et aux grands féodaux, les militaires les soutiendraient, comme sous la période de Reza Shah. Or, Mossadegh croit que nationaliser l’industrie du pétrole est impossible sans une assemblée patriotique et démocratique.

Le peuple soutient Mossadegh et fête son retour

 

Sanction et crise

Mossadegh qui veut réaliser cette nationalisation, rencontre l’opposition de la Grande-Bretagne. Pour les Anglais, l’accord de 1933, selon lequel les avantages découlant du pétrole iranien sont accordés à l’Angleterre pour une période de 60 ans, est toujours en vigueur. Au contraire, Mossadegh croit que cet accord est illégal et caduque, du fait que l’élection de l’assemblée n’était pas juste, puisque les délégués étaient des agents de la cour, non choisis par le peuple.

La querelle entre Mossadegh et la Grande-Bretagne devient un long conflit qui dure 37 mois, soit tout le temps qu’il est premier ministre. La Grande-Bretagne rompt ses relations avec l’Iran, de plus, elle empêche la vente du pétrole sur les marchés mondiaux. Même si l’Iran trouve des acheteurs comme l’Italie, la Grande-Bretagne confisque leurs pétroliers. La confiscation du pétrolier italien «Rose Marie» devient une affaire internationale.

Ainsi la situation économique du pays qui était fondée sur le pétrole va de plus en plus mal. Afin de faire face aux problèmes économiques, Mossadegh oriente sa politique sur la vente et l’exportation de produits agricoles et des papiers de prêt national. Une politique vouée à l’échec.

D’autre part, il tente d’obtenir le soutien de la communauté internationale. C’est ainsi que l’ambassadeur d’Iran à Washington, Allahyar Saleh, essaie que les Américains appuient la politique menée par l’Iran. La Grande-Bretagne, au contraire, veut internationaliser cette crise qui porte atteinte à ses droits. Tandis que l’Iran considère que ce conflit touchant l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC) est un problème intérieur lié au désaccord de l’Iran avec une compagnie britannique privée et non avec le gouvernement anglais, la Grande-Bretagne n’est pas de cet avis. Elle porte plainte contre l’Iran, mais la France propose d’attendre le verdict de la Cour Internationale de La Haye. Celle-ci accepte le plaidoyer de l’Iran, reconnaissant l’affaire comme intérieure.

 

Le peuple, élément définitif

La victoire de Mossadegh sur la scène internationale n’empêche pas les problèmes intérieurs. Pour constituer son cabinet, il revendique la nomination du ministre de la guerre, normalement du ressort du roi. Le roi refuse, Mossadegh démissionne. Acceptant sa démission, le roi le remplace par un homme politique expérimenté Ahmad Qavam qui était un rival de Mossadegh. Mais le peuple, dirigé par Seyed Abolghassem Kashani, manifeste. L’insurrection du 21 juillet  de 1952 survient, elle est dirigée contre un roi hostile à la Constitution, prêt à en accepter une application restreinte. Elle prend fin avec la victoire du peuple. Après la démission de Ahmad Qavam, Mossadegh redevient premier ministre et, cette fois, c’est lui qui choisit le ministre de la guerre. Peut-être pour prendre en compte le soutien du peuple, Mossadegh change le nom du ministère de la guerre en ministère de la défense nationale.

 

La fin d’un homme politique

Le succès de Mossadegh ne signe pas la fin de l’histoire. Il perd de sa puissance à cause du problème avec Kashani, son ancien allié. Mais cela n’est pas la cause de sa chute. Le revirement du gouvernement américain en est la raison principale. Les Etats-Unis se rapprochent de la Grande Bretagne sous la présidence du républicain, Eisenhower qui remplace le démocrate Harry Truman.

La nationalisation du pétrole de l’Iran devient le modèle de l’indépendance financière et technologique pour les pays du Moyen-Orient. Ahmad Sukarno et Gamal Abdel Nasser reconnaissent Mossadegh comme un modèle et le mouvement des non-alignés est créé, suite à la politique extérieure de Mossadegh qui ne se soumettait pas à la politique des blocs Est/Ouest.

Pour les Britanniques, les libertés politiques du temps de Mossadegh, instaurées par la Constitution, sont en faveur du Tudeh, ce qui constitue un danger pour l’Occident. On insiste sur la puissance du Tudeh et la possibilité de l’emprise de l’URSS sur l’Iran, à tel point que les Etats-Unis favorisent le coup d’Etat contre Mossadegh. Il ne faut pas oublier que la nationalisation du pétrole iranien a constitué un danger potentiel pour les bénéfices des compagnies pétrolières américaines au Moyen-Orient. C’est pourquoi les Etats-Unis, sous Truman, n’avaient pas collaboré avec Mossadegh.

La CIA américaine et le MI6 britannique sont deux éléments qui ont participé à ce coup d’Etat. Le troisième doit être recherché à l’intérieur même du pays et cela nécessitait l’approbation du roi. Malgré ses doutes, Mohammad Reza Shah a accepté ce plan.

Shah d’Iran accepte le coup d’état

 

Coup d’Etat et anti coup d’Etat

Le coup d’Etat commence le 16 août  de 1953 par le décret destituant Mossadegh. Mais s’agit-il ou non d’un coup d’Etat?  Les avis sont partagés. Ceux qui pensent que non considèrent que la destitution de Mossadegh en absence de l’assemblée constitue un des pouvoirs du roi. Selon eux, la révocation de l’assemblée prévue par Mossadegh, afin d’avoir plus de liberté pour faire des réformes, suite à un référendum en constituait les prémisses.

Les actions et le comportement du roi au moment d’ordonner la destitution donnent de la force à l’idée du coup d’Etat. En fait, ce n’est pas lui qui rédige ce décret, il appose sa signature sur un papier vierge et il le donne ensuite aux instigateurs de ce coup de force. La présence des militaires, surtout de la garde royale, pour arrêter Mossadegh, l’arrestation des membres du cabinet et la déclamation du décret par un militaire au milieu de la nuit confirment en fait que ce putsch militaire était fomenté contre le gouvernement légal.

La garde royale du Shah soutien les anarchistes

 

La réaction de Mossadegh est un coup de génie. Certains officiers l’informent du coup d’Etat et il ordonne alors d’arrêter Nematollah Nassiri qui lui avait remis l’ordonnance royale le destituant de ses fonctions. Ensuite les forces de la garde royale, loyales au premier ministre, sont désarmées dans la garnison de Bagh Shah. Mossadegh annonce l’échec du coup d’Etat par radio. L’invitation faite au peuple de manifester est acceptée unanimement et aboutit à des allocutions contre le roi, le régime des Pahlavi étant considéré comme illégal. Hossein Fatemi, ministre des affaires étrangères, fait un discours véhément contre le roi.

Les manifestations populaires continuent jusqu’à l’après-midi du 18 août. A midi de ce même jour, l’ambassadeur des Etats-Unis, Harriman, rencontre Mossadegh. Il n’existe encore aucun document relatant cette rencontre. Ensuite, tout se précipite. Mossadegh interdit toute manifestation, qu’elle soit pour ou contre le gouvernement. D’après certains, Mossadegh était inquiet pour le peuple, ce qu’il a confirmé implicitement au cours de son procès. Le peuple déserte alors la rue, mais Kermit Roosevelt, agent de la CIA, provoque un deuxième coup d’Etat alors qu’il apparaît qu’avec la  fuite du monarque, il n’y avait aucune chance que le coup d’Etat réussisse.

 

Le matin du 19 août, un groupe d’émeutiers, intitulés «les racailles» par le monde politique iranien, commence à manifester dans les quartiers sud de Téhéran et les maisons de prostitution et à se diriger vers les bâtiments gouvernementaux et la radio. Soutenus par les forces militaires, ces individus prennent d’assaut les sièges des partis et des journaux. Ils ont l’intention d’attaquer la maison du premier ministre.

Les anarchistes dans les rues, soutenus par l’armée royale

 

A 2 heures de l’après-midi, la radio annonce la réussite du coup d’Etat. Le régime le nomme «Rastakhiz Melli» et «Ghiam Melli» et célèbre chaque année lors de cérémonies l’anniversaire de cet événement. Ce coup d’Etat aboutit au divorce entre le gouvernement et le peuple. De nombreuses arrestations eurent lieu après ces évènements, ce qui montrent la résistance latente de la société.

 

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Rédacteur

Reza MOKHTARI ESFAHANI

Tutulaire d'un master en histoire, chercheur

Fatemeh Hosseinpour
Traductrice

Fatemeh Hosseinpour

Titulaire d'un master de français

1 Commentaire sur "Le coup d’Etat Anglo-Américain du 19 août 1953 en Iran : la fin d’une époque"

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Hedwige Gendebien

Merci pour ce récapitulatif d’une histoire riche en événements. C’est très intéressant et permet de comprendre tout le complexité du pays et les relations avec les autre puissance. Je souhaite un avenir meilleur à ce grand pays.
Hedwige Gendebien

Country
Belgium
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