Le cinéma iranien et son histoire: de sa naissance à 2016

 Le cinéma iranien naquit d’une présence presque hasardeuse du roi qadjar Mozaffaredin Shah au cours d’une projection lors d’un voyage en France en 1900. Une caméra de marque Gaumont constituera à elle seule le premier matériel cinématographique importé en Iran.

Premièrement conçu comme un loisir destiné à une minorité élitiste, le cinématographe se démocratisera à l’occasion de la révolution constitutionnelle. Sans cesse en recherche d’une conception artistique, le cinéma iranien a su par la qualité porté par les siens mériter sa reconnaissance mondiale.

Pourtant, totalisant plus de 200 récompenses au cours des 50 dernières années, la majorité  s’est reservé aux actrices. Elles avaient remporté les récompenses les plus prestigieuses de l’histoire du cinéma iranien au Festival International de Cannes.

Des grands noms des acteurs  comme ceux de Leila Hatami et Shahab Hosseini à ceux des grands réalisateurs comme Asghar Farhadi, Ali Hatami ou bien encore Abbas Kiarostami, la présence des actrices, acteurs et réalisateurs iraniens dans les jurys internationaux s’avère également remarquable.

La naissance du cinéma iranien

Une rencontre imprévue

Le cinéma iranien a parcouru un long chemain depuis sa naissance au 19 ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Lors d’un voyage en France en 1900, Mozaffaredin Shah, roi Qadjar, assiste à une projection de cinématographe. Passionné par ces images animées représentant des gens en mouvement, il décide d’en acquérir un.

Tout de suite,Il ordonne immédiatement à son photographe  en chef, d’en apprendre le fonctionnement . Mirza Ebrahim Khan dont le titre est Akkas Bashi, l’a éffectuéen. Le chah voulait en offrir aux dames de son harem.

En suite, ce photographe en achète une caméra Gaumont en France. Il tourne un film à l’occasion d’un carnaval de fleurs qui se déroulait en Belgique à Ostende. c’est ce qui a fait de lui le premier cameraman de l’histoire cinématographie d’Iran. C’est le début de l’art cinématographique en Iran.

Le début de l’art cinématographique en Iran

D’ailleur, le cinéma iranien fut dès le commencement un loisir réservé à la Cour royale. Malgrè les pays occidentaux, le cinéma  iranien, était un divertissement élitiste. Ainsi  ne présentait-il que les voyages du Shah, la vie des femmes dans le harem, la vie dans le palais et chez les princes. La procession du deuil de Hossein, lors de la fête de Achoura en était un autre thème. Finalement, Mozaffareddin Shah décida de réaliser le premier film en persan. Le sujet en était la vie des eunuques de la cour. Quelques années plus tard, la révolution constitutionnelle sort l’art cinématographique de ce lieu privé et il devient public.

Progressivement, plusieurs salles sont construites afin d’y présenter publiquement des films. C’est en 1908 que la première annonce concernant le cinéma est publiée dans les journaux. En fait, Mirza Ebrahim Khan Sahafbashi avait déjà inauguré une salle de cinéma située dans la rue Cheragh Gaz (actuellement Amir Kabir) à Téhéran. Il y présentait des courts métrages comiques ou d’actualité d’au moins dix minutes.

Mais Ebrahim Khan avait des idées libérales. Pour lui, les modes de pensées pouvaient évoluer grâce à ce nouvel art. C’est pour cela qu’il présentait des films reflétant ses idées. D’où, au bout d’un mois, la salle fut fermée et les équipements confisqués.

C’est à la suite du bombardement de l’Assemblée par les forces royale(1909), le cinéma trouve un autre but. Des révolutionnaires et des membres de la cour, deux forces opposées aux idées éloignées, occupèrent la salle. Ils utilisèrent les cinémas pour leur propagande.

Les premiers étranger et le cinéma iranien

A l’origine, les salles publiques de cinéma étaient construites par les minorités religieuses et par des étrangers. En 1908, Rusi Khan, originaire de Russie, fut le premier à inaugurer une salle de cinéma située à Téhéran. Il y a  présenté le film importé ’’Vive la Russie’’ (Zendeh bad russieh) relatant la guerre entre la Russie et le Japon.

Le photographe du roi Mirza Ebrahim Khan sera le premier caméraman du cinéma iranien. Il avait présenté le film d’un carnaval de fleurs se déroulant à Ostende, en Belgique. D’abord un loisir réservé à une élite, il ne tardera pas à devenir un divertissement populaire.

Malgré les demandes des iraniens, il n’y présentait que des films importés de Russie ou qui soutenaient ce pays. La communauté russe vivant en Iran approuvait ces choix, notamment Liokhoff. Mais Rusi Khan émigra finalement en France à la suite de la chute de Mohammed Ali Shah.

Le cinéma populaire et les nouvelles mesures

En 1912, Ardeshir Khan, d’origine arménienne, fut le seul à rendre le cinéma populaire en Iran semblablement à nos jours. Tout d’abord, Il a ouvert  une salle de cinéma dans la rue Allaodowlleh où des séries comme Tarzan étaient projetées. D’autres mesures importantes ont aussi permis de populariser le cinéma.  Le recours à un traducteur pour sous-titrer en persan les films étrangers  est la première. La mise à disposition de rafraichissements pour les spectateurs est la deuxième. En suite, un groupe de musiciens  ont joué la musique pour  accompagner des films .

L’inauguration d’une salle destinée aux femmes, préparant le terrain pour les laisser entrer dans d’autres cinémas, furent l’une des diverses mesures prises dans le but d’augmenter le nombre de spectateurs. Le cinéma n’a pas beaucoup évolué jusqu’à la fin de l’époque qadjar : il restait un divertissement réservé à des minorités.

Le cinéma iranien devient un art: les années 30

C’est dans les années 1930 que Avanes Ohanian réalise le premier film de long métrage de style narratif «Abi o Rabi». Il marque un tournant de l’histoire du cinéma iranien. Il a été porté à l’écran dans le cinéma Mayak situé à Téhéran.

Ainsi, Avanes Ohanian a fondé à cette époque la première école du cinéma iranien nommée «La maison d’éducation artistique du cinéma» (Parvareshgah_e Artisti_e sinéma). Son second film ’’Hadj agha aktor_e sinéma’’ (Hadji agha acteur de cinéma) n’a pas eu de succès commercial.

Le cinéma parlant et la production de films parlants

A la suite de l’invention du cinéma parlant, les artistes iraniens vont progressivement expérimenter la production de films parlants. Donc, l’hiver 1933, la présentation du premier film parlant La fille Lor (Dokhtar-e Lor)  fut un succès. Abdolhossein Sepanta  l’a présenté dans les cinémas Mayak et Sépah,

En fait, dans ce film,  Rouhangiz Saminejad jouait le premier rôle. Elle est considérée comme étant la première actrice iranienne. Elle s’est ensuite produite dans un autre film, Shirin o Farhad (Shirin et Farhad), mis en scène par ce même réalisateur. Critiquée par son entourage, Saminejad renonça à jouer dans des films et elle se retira du monde.

Un premier film documentaire intitulé Le cinéma iranien de sa naissance jusqu’à Sepanta, réalisé en 1970, présentera l’histoire du cinéma iranien. Abordant aussi bien les portraits des réalisateurs, il traitera également la biographie de Rouhangiz Saminejad, première actrice iranienne.En 1970, se produisant dans un film documentaire intitulé Le cinéma iranien de sa naissance jusqu’à Sepanta, Saminejad évoqua les difficultés qu’elle avait rencontrées en tant qu’actrice. Née en 1916 à Bam, elle meurt en 1997.

Le cinéma iranien dan sles années 50

En 1953  Hassan Kheradmand a réalisé le film Gerdab (Tourbillon). Scénarisé par lui-même et joué par Naser Malek Motie, Gerdab est le premier film en persan projeté en couleur. Alors qu’avant sa projection, le film a été envoyé aux États-Unis pour la colorisation.

Ainsi, tout au début des années 50, le nombre de films en persan doubla. Le cinéma était devenu un divertissement populaire. De même, le nombre de salles de cinéma augmentait à Téhéran et dans d’autres provinces.

D’autres événements sont à mentionner. Une femme, intitulée Shahla Riahi a réalisé son film «Marjaan». Elle l’a présenté à l’occasion du premier festival du cinéma connu sous le nom de «Golrizan».

Le cinéma farsi et les  productions commerciales des années 60

Dans les années 60, le cinéma farsi (persan) a culminé. Bien qu’il était fondé dans les années 50, mais il  produisait annuellement de 25 à 70 films. La plupart étaient comiques, reprenant des récits populaires avec des éléments tels que danses et chansons, fuites et poursuites, bagarres etc. Mais les producteurs se souciaient surtout d’attirer le plus de spectateurs, au détriment de la qualité.

L’émergence de nouveaux cinéastes a attiré l’attention des critiques. Grâce à ça, ces années peuvent être considérées comme les signes avant-coureurs du cinéma iranien moderne. Cette période fut marquée par des cinéastes tels que Farrokh Ghaffari, Davoud Mollapoor ou bien encore Ebrahim Golestan.

Donc, la sortie de deux œuvres, La vache (Gaav) de Dariush Mehrjui et Queysar (César) de Massoud Kimiaei, marquent un tournant dans le cinéma iranien. D’où, de nombreux changements structuraux vont se réaliser dans le cinéma iranien.

 

En raison de l’existence de productions commerciales, amusantes et superficielles portées à l’écran, les films ci-dessus mentionnés, tout en étant accueillis favorablement par les critiques et tout en inspirant quelques années plus tard d’autres réalisateurs, n’attiraient pas l’attention du public.

La Révolution islamique marquera un tournant pour le cinéma iranien. Ensuite, les films traiteront désormais de sujets révolutionnaires, religieux et idéologiques. mais cela n’empêche pas la réalisation de chef-d’œuvre. Le film de Mehdi Ma’danian Faryade Mojahed (Le cri d’un soldat de la guerre sainte) est un exemple.

La révolution islamique et le tournant du cinéma iranien

A partir de la Révolution islamique, le cinéma iranien connut des changements fondamentaux, comme tous les autres domaines artistiques. Les films traitent alors de sujets révolutionnaires, religieux et idéologiques. Bien des réalisateurs n’adhérant pas à cette ligne ont renoncé à produire des films ou ont émigré.

 

Le cinéma iranien dans les années 80

Le film Faryade Mojahed (Le cri d’un soldat de la guerre sainte) réalisé par Mehdi Ma’danian fut le premier film du cinéma post-révolutionnaire à être porté à l’écran en 1980.Malgré la guerre dans les années 80, la troisième génération de cinéastes, s’appuyant sur l’expérience et la science, eut pour objectif d’améliorer la qualité des films.

Les nouvelles organisations cinématographique en Iran

En fait, après la révolution islamique, de nouveaux organismes furent créés. Ils cherchaient à promouvoir la qualité des films, le développement de l’industrie du cinéma et favoriser des cinéastes. Il s’agit de l’Organisation du développement du cinéma de Sureh (Sazman-e Tose’eh-esinemā’i-e Sureh). Elle est dépendant du département artistique de l’organisation de la propagande islamique. L’autre organisation est  la Fondation du cinéma Farabi (Bonyād-e sinemā’i-e Fārābi). En 1983, cette fondation s’est fait réservée un but primordial. C’était modifier les thèmes abordés par le cinéma iraniende la période du film farsi à celle du cinéma post révolutionnaire.

En 1981, l’Organisation du développement du cinéma de Sureh (Sazman-e Tose’eh-esinemā’i-e Sureh) commençait ses activités. Depuis 2000, elle se charge de l’organisation de toute la filière cinématographique nationale:

  • Le développement du cinéma
  • Le contrôle des œuvres
  • la réglementation
  • La délivrance des visas d’exploitation
  • La sortie des films à l’étranger
  • Le contrôle des salles de projection

Alors qu’elle possède plus de 80 salles de spectacles dans 19 provinces, elle a réuissit à produir plus de 60 œuvres dignes d’intérêt.

Aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands cinémas au monde, le cinéma iranien présente une variété impressionnante de sujets. De La vache d’Ezatollah au film d’Asghar Farhadi Le Client, en passant par Le goût de la cerise d’Abbas Kiarostami, le cinéma iranien post-révolutionnaire est en perpétuel renouvellement artistique.

La reconnaissance mondiale du cinéma iranien

Créé en 1982, le Festival du film Fajr (Jashnvareh-e film-e Fajr) est l’un des plus importants d’Iran. Il se tient tous les ans du 1er au 10 février à l’occasion de l’anniversaire de la révolution islamique. Le Simorgh (L’oiseau légendaire) du Shahnameh de Ferdowsi se donne comme la récompense lors de ce festival.

En fait, c’est en 1971 que le premier prix international du festival du film de Chicago sera attribué à Ezatollah Entezami pour son rôle principal dans le film La vache (Gaav).  Un peu plus tard, Jamshid Mashayekhi obtint en 1987 le prix du meilleur acteur du cinéma post-révolutionnaire iranien. Il l’a eu à l’occasion du festival du film des pays non-alignés de Pyongyang en Corée du Nord pour son rôle dans le film Grand-père. Fatemah Motamed-Aria, a remporté 11 prix en tant qu’actrice. Elle est l’actrice iranienne ayant reçu le plus de récompenses internationales.

Au cours des 50 dernières années, sur un total de 203 récompenses du cinéma iranien, 70 l’ont été pour les femmes et 61 pour les hommes. Les récompenses les plus prestigieuses de l’histoire du cinéma iranien furent remportées au Festival International de Cannes.

En 1997, finalement, Abbas Kiarostami a gagné la palme d’or du meilleur film  Le goût de la cerise  d’.  15 ans plus tard en 2012, Asghar Farhadi a eu l’oscar et l’Hugo d’or du meilleur film étranger pour son film » Une séparationd ».

Le prix du meilleur scénario récompensa en 2016 Asghar Farhadi pour Le Client (Forushandeh) et la palme d’or du meilleur acteur à Shahab Hosseini pour son rôle dans ce film.

Les grands noms du cinéma iranien

On peut également nommer parmi les grands réalisateurs du cinéma iranien : Ali Hatami, Abbas Kiarostami, Massoud Kimiaei, Asghar Farhadi, Rakhshan Bani-Etemad, etc.

Il y a plusieurs actrices et acteurs iraniens qui ont eu beaucoup de succès. Voici quelques noms: Ezatollah Entezami, Ali Nassirian, Fatemah Motamed-Aria, Leila Hatami, Shahab Hosseini. La présence des acteurs et des réalisateurs iraniens dans les jurys est également remarquable.

Alors, on peut mentionner parmi eux, Abbas Kiarostami, Niki Karimi, Leila Hatami et Asghar Farhadi. Jusqu’à la fin de l’année 2016, il y avait 147 projets de films. Ils avaient des sujets variés à diverses phases de production et de commercialisation.

Rédacteur

Golrokh Bayat Maku

Etudiante en français, responsable administrative

Mitra Jafari
Traductrice

Mitra Jafari

Titulaire d'un master de français

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